Etats-Unis (Staten Island) 11
INTERNATIONAL MIGRATION REVIEW
HIVER 1994 - VOLUME 28, NUMERO 4
96.11.1 - anglais - Alejandro PORTES et Richard SCHAUFFLER, The Johns Hopkins University (E.-U.)
Langue et seconde génération : le bilinguisme, hier et aujourd'hui (Language and the second generation: Bilingualism yesterday and today) (p. 640-661)
L'adaptation linguistique des enfants de la seconde génération est analysée dans le cadre de l'histoire de l'assimilation linguistique et du bilinguisme en Amérique. Des pressions particulièrement fortes de la part des Américains de vieille souche en faveur du monolinguisme ont généralement entraîné la disparition de la langue maternelle des immigrants en deux ou trois générations. À l'heure actuelle, la crainte que l'anglais ne soit plus la langue dominante est liée à la forte immigration des dernières décennies et à l'apparition d'enclaves linguistiques dans plusieurs villes du pays. Les auteurs examinent l'importance de la transition linguistique et le maintien de la langue des immigrants, à partir de données recueillies en Floride du Sud, une des régions les plus affectées par les flux migratoires contemporains. Les données d'un échantillon de 2 843 enfants d'immigrés vivant dans cette région montrent que : 1) la connaissance de l'anglais est quasi généralisée ; 2) la préférence pour l'anglais l'est presque autant, même parmi les enfants éduqués dans les écoles bilingues financées par les communautés d'immigrés ; 3) la conservation de la langue des parents est inversement proportionnelle à la durée de résidence aux Etats-Unis et à l'éloignement par rapport aux zones de concentration ethnique. Des hypothèses relatives à d'autres déterminants du bilinguisme sont examinées avec des méthodes d'analyse multivariée. Les auteurs analysent également les relations du bilinguisme avec la réussite scolaire et avec les ambitions scolaires et professionnelles. (ETATS-UNIS, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, ASSIMILATION DES MIGRANTS, LANGUE USUELLE, LANGUE MATERNELLE, BILINGUISME)
96.11.2 - anglais - M. Patricia FERNÁNDEZ-KELLY et Richard SCHAUFFLER, Johns Hopkins University Department of Sociology (E.-U.)
Destins à part : les enfants d'immigrés dans une économie américaine en restructuration (Divided fates: Immigrant children in a restructured U.S. economy) (p. 662-689)
Cet article est basé sur une enquête et une recherche ethnographique menées parmi des immigrants de la seconde génération. L'objectif est d'analyser la signification de l'assimilation segmentée en comparant cinq groupes d'enfants d'immigrés : des Haïtiens, des Vietnamiens, des Cubains, des Nicaraguayens et des Mexicains. Les auteurs examinent les effets de la localisation géographique, du mode d'accueil et de l'appartenance à des réseaux sociaux particuliers sur des caractéristiques telles que la bonne connaissance de l'anglais, les résultats scolaires, la perception de soi et les aspirations professionnelles. Ils envisagent aussi l'hypothèse selon laquelle l'expérience des nouveaux immigrants bifurque en fonction des identités personnelles et collectives. Ainsi, se définir soi-même comme immigrant protège l'enfant de certains effets négatifs de l'assimilation. Cela est surtout manifeste parmi les Haïtiens et les Antillais, pour qui l'assimilation peut signifier devenir Afro-Américains, et donc être synonyme de stigmatisation et de réduction des chances de réussite. (ETATS-UNIS, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, ASSIMILATION DES MIGRANTS)
96.11.3 - anglais - Charles HIRSCHMAN, University of Washington (E.-U.)
Problèmes et perspectives de la recherche sur l'adaptation des immigrants à partir du recensement de 1990 : des comparaisons entre générations au processus d'" américanisation " (Problems and prospects of studying immigrant adaptation from the 1990 population census: From generational comparisons to the process of " becoming American ") (p. 690-713)
Dans les recensements de 1980 et de 1990, la question sur le lieu de naissance des parents a disparu. Il y a donc désormais de sérieux obstacles à l'étude de l'adaptation des immigrants sur la base de la thèse traditionnelle du progrès intergénérationnel. L'énorme diversité des courants migratoires actuels, en provenance de plus de 40 groupes de pays ou régions différents, renforce pourtant le besoin de données censitaires pour étudier les immigrants arrivés depuis 1965 et leurs enfants. Une stratégie de recherche qui pourrait s'avérer fructueuse serait d'examiner les variations de l'adaptation socio-économique selon la durée de résidence aux Etats-Unis, parmi les immigrants qui sont arrivés alors qu'ils étaient encore enfants ou adolescents. Des recherches exploratoires basées sur cette problématique ont démontré l'existence de plusieurs schémas : un schéma dominant, où plus la durée d'exposition à la société américaine est longue, plus l'adaptation est réussie (l'américanisation) ; et d'autres schémas, plus mitigés, qui offrent plus de ressemblances avec le modèle de l'assimilation segmentée. (ETATS-UNIS, ASSIMILATION DES MIGRANTS, METHODOLOGIE, DUREE DE RESIDENCE)
96.11.4 - anglais - Leif JENSEN et Yoshimi CHITOSE, The Pennsylvania State University (E.-U.)
La seconde génération aujourd'hui, d'après le recensement américain de 1990 (Today's second generation: Evidence from the 1990 U.S. census) (p. 714-735)
Les perspectives d'avenir de la seconde génération sont fortement modelées par son statut social, économique et démographique actuel. Cet article présente un portrait statistique des enfants d'immigrés à partir de l'analyse des données du recensement américain de 1990. Après avoir défini la seconde génération comme formée des enfants de moins de 18 ans dont au moins un des parents est né hors des États-Unis, les auteurs décrivent les lieux de résidence, les situations démographiques, sociales et économiques des ménages, le statut socio-économique du chef de ménage et les caractéristiques individuelles des enfants. Les données sur les enfants de la seconde génération sont distribuées selon leur pays de naissance et l'année d'immigration de leurs parents. Des données relatives aux enfants dont les parents sont nés aux Etats-Unis sont également présentées à des fins de comparaison. (ETATS-UNIS, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, PROFIL DEMOGRAPHIQUE)
96.11.5 - anglais - Lisandro PÉREZ, Florida International University (E.-U.)
Les enfants de la seconde génération et la structure de leur ménage : étude exploratoire des configurations familiales étendues (The household structure of second-generation children: An exploratory study of extended family arrangements) (p. 736-747)
A partir des données de l'enquête sur les enfants d'immigrés, l'auteur examine les antécédents des configurations familiales étendues parmi les ménages d'immigrés avec enfants. La fréquence et la forme de ces configurations, et plus particulièrement la présence des grands-parents, sont analysées en relation avec la monoparentalité, l'origine nationale, l'assimilation culturelle et différentes variables socio-économiques. Les résultats montrent combien la complexité des configurations familiales étendues est sous-évaluée. La relation avec la monoparentalité est démontrée, mais on a besoin de nouvelles recherches sur les raisons économiques de la présence de divers parents dans le ménage. L'analyse révèle la nécessité d'analyser aussi la présence des grands-parents comme une variable indépendante, surtout quand il s'agit de l'assimilation culturelle des enfants d'immigrés. (ETATS-UNIS, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, COMPOSITION DU MENAGE, ASCENDANT)
96.11.6 - anglais - Rubén G. RUMBAUT, Michigan State University (E.-U.)
Le creuset intérieur : identité ethnique, amour-propre et assimilation segmentée chez les enfants d'immigrés (The crucible within: Ethnic identity, self-esteem, and segmented assimilation among children of immigrants) (p. 748-794)
En s'intéressant à la formation de l'identité ethnique au cours de l'adolescence, cet article a pour objectif d'examiner l'adaptation psycho-sociale d'enfants d'immigrés en provenance d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes. Les données proviennent d'une enquête conduite dans les régions métropolitaines de San Diego et de Miami, auprès de 5 000 enfants d'immigrés inscrits en 8e et 9e années dans les écoles locales. L'échantillon est réparti de façon égale par sexe et lieu de naissance (la moitié est née aux Etats-Unis, l'autre moitié à l'étranger). Les résultats révèlent des différences majeures dans les modes d'identification ethnique entre les groupes d'origines nationales diverses, mais aussi à l'intérieur de chaque groupe. Au lieu de se trouver face à une assimilation uniforme, l'auteur a découvert une série de voies segmentées aboutissant à la formation de l'identité. Il brosse un portrait sociologique détaillé pour chaque type d'identité ethnique. Ensuite, par des analyses multivariées, il examine les déterminants de l'identité ethnique qui mènent soit à l'assimilation soit à la non-assimilation, et il analyse aussi d'autres aspects de l'adaptation psycho-sociale comme l'amour-propre, les attitudes dépressives et les conflits entre parents et enfants (en contrôlant le sexe, le statut socio-économique et l'origine nationale). Il envisage les implications théoriques et pratiques de ces résultats sur l'adaptation psycho-sociale des enfants des immigrés récents, notamment les effets de l'acculturation, de la discrimination, de la localisation des écoles et de leur " densité ethnique ", de la socialisation des parents et de l'environnement familial. (ETATS-UNIS, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, ASSIMILATION DES MIGRANTS, PSYCHOLOGIE SOCIALE, ETHNICITE)
96.11.7 - anglais - Mary C. WATERS, Harvard University (E.-U.)
Identités raciales et ethniques des immigrés noirs de la seconde génération à New York (Ethnic and racial identities of second-generation Black immigrants in New York City) (p. 795-820)
L'auteur examine les types d'identités ethniques et raciales adoptées par un échantillon de 83 adolescents issus de la seconde génération d'immigrants en provenance d'Haïti et de la Caraïbe anglophone et vivant à New York. Elle décrit les perceptions subjectives qu'ont ces jeunes de leur identité américaine, de leur identité négro-américaine et de leur identité ethnique, et les confronte aux identités et aux réactions des immigrants de la première génération originaires des mêmes pays. Dans la seconde génération, trois types d'identité apparaissent : une identité négro-américaine, une identité ethnique ou nationale, une identité d'immigré. Ces diverses identités sont reliées aux différents modes de perception des relations raciales et des chances de réussite aux Etats-Unis. Les jeunes qui s'identifient aux Noirs américains ont tendance à ressentir davantage les effets de la discrimination et la limitation des chances de réussite pour un Noir aux Etats-Unis. Ceux qui se reconnaissent comme Antillais pensent davantage que les efforts et les initiatives personnelles sont récompensés. L'auteur estime qu'aux Etats-Unis, l'assimilation des immigrés noirs de la seconde génération est d'autant plus compliquée qu'elle se combine à des problèmes de race et de classe sociale, avec, d'un côté, des jeunes de la seconde génération qui montent dans l'échelle sociale et qui conservent des liens avec les origines nationales de leurs parents, et, de l'autre, les jeunes des quartiers pauvres qui s'assimilent aux Noirs américains qui les entourent. (ETATS-UNIS, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, ASSIMILATION DES MIGRANTS, JEUNESSE, PSYCHOLOGIE SOCIALE)
96.11.8 - anglais - Min ZHOU, University of California, Los Angeles (E.-U.), et Carl L. BANKSTON III, Louisiana State University (E.-U.)
Capital social et adaptation de la seconde génération : le cas des jeunes Vietnamiens de la Nouvelle-Orléans (Social capital and the adaptation of the second generation: The case of Vietnamese youth in New Orleans) (p. 821-845)
Cet article explore quelques exemples de la manière dont le capital social dont dispose une communauté ethnique peut favoriser l'adaptation scolaire des générations les plus jeunes, au lieu de l'entraver. Les auteurs comparent les approches assimilationnistes avec d'autres approches relatives aux ressources ethniques comme capital humain. A partir d'une étude de cas sur les jeunes Vietnamiens d'une communauté d'immigrés à l'est de la Nouvelle-Orléans, on montre comment les différents aspects d'une culture immigrée servent en fait de capital social facilitant l'adaptation des enfants d'immigrés. Ainsi, les étudiants qui manifestent une forte adhésion aux valeurs familiales traditionnelles, le respect d'une éthique du travail et une forte implication personnelle dans la communauté ethnique, ont une tendance très marquée à obtenir de bons résultats scolaires, à avoir des projets d'études précis et à réussir convenablement leur orientation académique. Ces valeurs et ces modèles de comportements répondent en fait aux attentes de leur communauté et reflètent le niveau d'intégration particulièrement élevé de la jeunesse vietnamienne. Ces résultats indiquent que des attaches culturelles fortement positives chez les immigrés peuvent constituer une forme de capital social qui favorise le respect des valeurs et les comportements constructifs et qui, de cette façon, fournit à des enfants défavorisés des avantages en matière d'adaptation. Les auteurs concluent que le capital social est crucial et, sous certaines conditions, plus important que le capital humain traditionnel pour favoriser l'adaptation des jeunes générations d'immigrés. (ETATS-UNIS, VIET NAM, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, ASSIMILATION DES MIGRANTS)
96.11.9 - anglais - Walter D. KAMPHOEFNER, Texas A & M University (E.-U.)
Le bilinguisme des Germano-Américains : cui malo ? Langue maternelle et statut socio-économique de la seconde génération en 1940 (German-American bilingualism: cui malo? Mother tongue and socioeconomic status among the second generation in 1940) (p. 846-864)
Les auteurs utilisent les données de l'échantillon public du recensement de 1940 pour mesurer les effets socio-économiques de l'utilisation d'une langue maternelle étrangère, en comparant deux groupes d'Allemands de la seconde génération qui ont grandi en parlant les uns l'allemand, les autres l'anglais. Le contraste le plus marquant entre les deux groupes est la plus forte proportion de germanophones parmi les agriculteurs. Les germanophones ont un niveau de revenu légèrement plus bas, mais contrebalancé par une plus grande stabilité sociale ; plus fréquemment que les autres, ils sont propriétaires et exercent une activité d'indépendant. Dans l'ensemble, les désavantages liés à la pratique d'une langue maternelle étrangère sont relativement mineurs, voire négligeables dans ce cas. (ETATS-UNIS, ALLEMAGNE, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, LANGUE MATERNELLE, BILINGUISME, STATUT SOCIO-ECONOMIQUE)
96.11.10 - anglais - S. A. MAANI, University of Auckland (Australie)
Les jeunes immigrés de la première et de la seconde génération sont-ils défavorisés sur le marché du travail australien ? (Are young first and second generation immigrants at a disadvantage in the Australian labor market?) (p. 865-882)
L'auteur étudie le processus d'assimilation des jeunes adultes immigrés de la première et de la seconde génération, en Australie. Le nombre total de semaines de chômage et le nombre de périodes distinctes de chômage sont utilisés comme indicateurs des conditions discriminatoires du marché du travail. Cette étude se différencie des travaux précédents parce qu'elle met l'accent sur les jeunes immigrés de la première et de la seconde génération et qu'elle utilise les données de l'Enquête longitudinale australienne (ALS) sur une période de quatre ans (1985-1988). Tous les résultats montrent que, même à qualification égale, les immigrés de la première et de la seconde génération sont désavantagés. Cependant, ces mêmes résultats confirment l'hypothèse que ce désavantage diminue, car les immigrés de la seconde génération et ceux qui vivent depuis longtemps en Australie sont dans des situations nettement plus favorables que l'ensemble des immigrés les plus récents, tant globalement que dans chaque groupe de nationalité d'origine. (AUSTRALIE, IMMIGRANT, MIGRANT DE LA DEUXIEME GENERATION, ASSIMILATION DES MIGRANTS, MARCHE DU TRAVAIL, DISCRIMINATION)
PRINTEMPS 1995 - VOLUME 29, NUMERO 1
Diversité et comparabilité :
les migrants internationaux dans les pays d'accueil de quatre continent
96.11.11 - anglais - Wilawan KANJANAPAN, Academia Sinica, Taipei (Taiwan)
L'immigration de travailleurs asiatiques qualifiés vers les Etats-Unis, 1988-1990 (The immigration of Asian professionals to the United States: 1988-90) (p. 7-32)
L'auteur examine les flux récents de travailleurs qualifiés asiatiques vers les États-Unis, à partir des données du Service d'Immigration et de Naturalisation pour les années fiscales 1988-1990. Trois dimensions du courant migratoire asiatique ont été étudiées : le volume, la composition et le mode d'entrée. Les résultats montrent que les Asiatiques se dégagent comme un groupe dominant dans l'ensemble de l'immigration de travailleurs qualifiés. L'examen du mode d'entrée révèle qu'il existe, sur le marche du travail américain, une demande de travailleurs qualifiés étrangers ayant certains profils professionnels. A titre d'exemple, les ingénieurs et les informaticiens bénéficient d'une forte préférence pour l'entrée aux Etats-Unis. La régularisation du statut à partir de visas temporaires semble être une stratégie courante. Par contre, les professionnels de la santé sont plus susceptibles d'immigrer par regroupement familial, et la majorité d'entre eux sont de nouveaux arrivants. L'étude ne confirme pas tout à fait l'hypothèse que l'exode des Asiatiques très qualifiés serait une simple affaire de migration et de niveau d'instruction. (ETATS-UNIS, ASIE, TRAVAILLEUR IMMIGRE, TRAVAILLEUR QUALIFIE, FACTEUR DE MIGRATION)
96.11.12 - anglais - Yen-Fen TSENG, Department of Sociology, Tunghai University, Taichung 40704 (Taiwan)
Au delà du " Petit Taipei " : le développement des entreprises taiwanaises à Los Angeles (Beyond "Little Taipei": The development of Taiwanese immigrant businesses in Los Angeles) (p. 33-58)
Tant par leur choix de s'installer de préférence dans des quartiers où leurs compatriotes ne sont pas dominants que par leur développement économique, les immigrés taiwanais récents à Los Angeles rompent nettement avec le passé. Ce nouveau type de développement économique a un impact sans précédent sur l'ensemble de la société. Cependant, les caractéristiques particulières des entreprises des immigrés taiwanais et leurs implications pour la société américaine sont encore peu étudiées. Des méthodes qualitatives et quantitatives ont été employées dans cette étude. Les données proviennent de fichiers, d'observations sur le terrain, d'entretiens approfondis, du recensement américain et d'une enquête par téléphone auprès de 310 chefs d'entreprises taiwanais dans toute la région de Los Angeles. L'auteur a examiné de près le comportement des entrepreneurs, l'intégration ethnique et la diversité industrielle parmi les entreprises conduites pas des immigrés taiwanais. Dotées de bonnes compétences, les entreprises taiwanaises se développent rapidement dans le contexte de la restructuration économique de Los Angeles et de la dépendance commerciale vis-à-vis du Pacifique asiatique. (ETATS-UNIS, TAIWAN, METROPOLE, TRAVAILLEUR IMMIGRE, ENTREPRISE PRIVEE)
96.11.13 - anglais - Christopher J. SMITH, The University at Albany, State University of New York (E.-U.)
La New York asiatique : aspects géographiques et politiques de la diversité (Asian New York: The geography and politics of diversity) (p. 59-84)
L'auteur décrit et interprète certains des événements associés à la restructuration démographique et économique qui s'est produite à Flushing, un des quartiers de Queens, à New York. Depuis la libéralisation des lois américaines sur l'immigration en 1965, beaucoup de quartiers new yorkais ont été transfigurés par l'afflux de nouveaux immigrants. Dans le cas de Flushing, la majorité des nouveaux arrivants étaient des Asiatiques, provenant en particulier de Chine, de Corée et du sous-continent indien. L'introduction des capitaux et des entreprises asiatiques dans le quartier a revitalisé ce qui était considéré comme une économie malade et un marché immobilier engourdi. Mais du point de vue de certains résidents de longue date, les coûts du progrès ont dépassé les bénéfices. L'auteur analyse le débat public qui a accompagné l'" asiatisation " de Flushing, en insistant sur les conflits qui ont surgi entre les affaires et l'administration, les immigrés et les anciens résidents, les Asiatiques et les non-Asiatiques. (ETATS-UNIS, ASIE, METROPOLE, IMMIGRANT, DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE)
96.11.14 - anglais - Guillermina JASSO, New York University (E.-U.), et Mark R. ROSENZWEIG, University of Pennsylvania (E.-U.)
Les immigrants sélectionnés pour leurs compétences professionnelles s'en sortent-ils mieux que les personnes qui immigrent pour motif de regroupement familial ? (Do immigrants screened for skills do better than family reunification immigrants?) (p. 85-111)
On pense parfois que les immigrants sélectionnés pour leurs compétences professionnelles sont susceptibles de devenir des Américains plus productifs que ceux qui sont autorisés à immigrer sur la base de leurs liens familiaux avec des citoyens américains nés aux États-Unis ou avec des immigrés déjà installés. Mais la différence peut être faible ou nulle parce que : 1) les immigrants pour motif de regroupement familial ont accès à des réseaux de parenté ; 2) si les entrepreneurs peuvent privilégier les immigrants productifs à court terme, les familles peuvent préférer une productivité à long terme ; et 3) les citoyens américains nés aux États-Unis qui se portent caution pour leurs conjoints peuvent être particulièrement habiles à trouver une solution à long terme. Les données longitudinales sur la cohorte d'immigrants de 1977 sont utilisées pour comparer les débouchés professionnels à court et long terme des immigrants pour motif d'embauche et des immigrants pour motif de regroupement familial. Les résultats révèlent une réduction des différences, due au fait que les immigrants de la première catégorie trouvent de plus en plus un emploi au-dessous de leurs qualifications, et ceux de la deuxième catégorie un emploi au-dessus de leurs qualifications. (ETATS-UNIS, TRAVAILLEUR IMMIGRE, IMMIGRATION SELECTIVE, REGROUPEMENT FAMILIAL)
96.11.15 - anglais - Marta TIENDA, University of Chicago, 1155 E. 60th St., Chicago, IL 60637 (E.-U.), et Audrey SINGER, U.S. Department of Labor (E.-U.)
Le mouvement des salaires des travailleurs clandestins aux Etats-Unis (Wage mobility of undocumented workers in the United States) (p. 112-138)
Cette étude traite de deux questions fondamentales relatives à l'assimilation économique des immigrants clandestins aux États-Unis : 1) dans quelle mesure les immigrés récemment régularisés sont-ils différents de l'ensemble des résidents nés à l'étranger et des Blancs nés aux ÉtatsUnis ? 2) est-ce que les salaires des immigrés clandestins s'améliorent au fur et à mesure que leur expérience américaine se prolonge et, si c'est le cas, ces améliorations sont-elles comparables à celles dont bénéficie l'ensemble des immigrés ? Les auteurs analysent l'Enquête sur les migrants régularisés (Legalized Population Survey) et l'Enquête démographique générale (Current Population Survey) pour évaluer la rentabilité de la durée de séjour tant pour les immigrés clandestins que pour l'ensemble des hommes nés à l'étranger. Cette rentabilité dépend de la région d'origine. Les immigrés clandestins mexicains sont ceux qui retirent le moins de bénéfices de leur durée de séjour, et ce sont les hommes venus de pays non-hispanophones qui en tirent le plus grand profit. (ETATS-UNIS, IMMIGRANT CLANDESTIN, SALAIRE)
96.11.16 - anglais - Rueyling TZENG, Academia Sinica, Taipei (Taiwan)
Les migrations internationales de main-d'oeuvre au sein des entreprises multinationales (International labor migration through multinational enterprises) (p. 139-154)
L'auteur étudie les transferts internationaux de main-d'oeuvre au sein des sociétés multinationales. Il s'agit principalement d'examiner comment les caractéristiques individuelles de ces migrants influent sur leur affectation à l'étranger, et d'identifier quels types de migrations sont créés par les entreprises multinationales. L'auteur se penche sur le cas des firmes américaines à Taiwan. L'analyse de données quantitatives et qualitatives montre que, bien qu'une affectation à l'étranger soit principalement fondée sur la compétence individuelle, la nationalité, l'appartenance ethnique et le sexe jouent également des rôles essentiels. Les multinationales constituent des canaux importants de migrations à long terme, de migrations de retour et de migrations circulaires. (MIGRATION INTERNATIONALE, MIGRATION DE TRAVAIL, SOCIETE TRANSNATIONALE)
96.11.17 - anglais - D. A. COLEMAN, Oxford University (R.-U.)
Conséquences démographiques et socio-économiques des migrations internationales au Royaume-Uni et en Europe (International migration: demographic and socioeconomic consequences in the United Kingdom and Europe) (p. 155-206)
L'immigration d'après-guerre vers le Royaume-Uni a été dominée par les personnes d'origine non-européenne des pays du Commonwealth. Cette migration a neutralisé le schéma d'émigration qui prévalait antérieurement et a ajouté environ 3 millions d'habitants à la population anglaise, tant par immigration nette que par fécondité différentielle, l'impact sur la structure par âge étant resté très faible. Les conséquences économiques globales n'ont jamais été évaluées clairement, mais elles sont probablement modérées. Les conséquences sociales ont été plus importantes, du fait de la concentration géographique des immigrés dans les zones urbaines, de leur accès automatique au droit de vote et des innombrables mesures visant à mettre en oeuvre l'égalité des races et la bonne cohabitation des diverses cultures. (ROYAUME-UNI, IMMIGRATION, IMPLICATION ECONOMIQUE, CONSEQUENCE SOCIALE, ASSIMILATION DES MIGRANTS)
96.11.18 - anglais - James JUPP, Center for Immigration and Multicultural Studies
De l'" Australie blanche " au " morceau d'Asie " : évolution récente de la politique australienne d'immigration vis-à-vis de l'Asie (From "White Australia" to "Part of Asia": Recent shifts in Australian immigration policy towards the region) (p. 207-228)
L'auteur examine l'impact des mouvements de population du Pacifique asiatique sur l'Australie depuis 1945, et surtout depuis 1975, date qui marque l'abandon de la politique restrictive dite de " l'Australie blanche ". Cette politique, fondée sur des théories racistes populaires à la fin du XIXe siècle, a isolé l'Australie des régions avoisinantes et l'a maintenue attachée à ses origines européennes et plus spécifiquement anglaises. L'impact des mouvements de populations, d'affaires et de capitaux dans la région a été tel que l'Australie est devenue un " morceau d'Asie ". Mais l'opinion publique doit encore accepter pleinement cette évolution, spécialement en ce qu'elle implique un changement de la composition ethnique de la population résidente. L'auteur conclut que la génération qui a grandi après 1945 et qui commence à dominer la vie intellectuelle et politique aura moins de mal à réorienter l'Australie que les générations plus anciennes, malgré l'ambivalence persistante des attitudes officielles. La présence d'un grand nombre de résidents et citoyens d'origine asiatique en Australie est nécessairement un facteur d'accélération de l'évolution. (AUSTRALIE, ASIE, IMMIGRATION, POLITIQUE D'IMMIGRATION, ASSIMILATION DES MIGRANTS, CHANGEMENT SOCIAL)
96.11.19 - anglais - Hania ZLOTNIK, Population Division, United Nations Secretariat, New York (E.-U.)
Les migrations féminines Sud-Nord (The South-to-North migration of women) (p. 229-254)
Cet article réévalue l'opinion traditionnelle qui veut que, depuis l'abandon, vers 1974, des politiques privilégiant les migrations temporaires de main-d'oeuvre, la migration féminine l'a emporté en volume sur la migration masculine. Sur la base de données belges, allemandes, anglaises et américaines, l'auteur montre que la proportion des femmes dans l'immigration brute est plus faible pour les flux en provenance de pays en développement que pour ceux qui partent des pays développés. Ce n'est qu'en termes de migration nette que les femmes l'emportent sur les hommes. Chaque pays d'accueil a ses propres particularités qui le différencient de la moyenne générale, avec comme variables clefs les politiques d'immigration et les étapes de l'histoire migratoire des populations expatriées. (PAYS EN DEVELOPPEMENT, PAYS DEVELOPPE, MIGRATION INTERNATIONALE, FEMME, ANALYSE COMPARATIVE)
ETE 1995 - VOLUME 29, NUMERO 2
96.11.20 - anglais - Jon GOSS et Bruce LINDQUIST, University of Hawaii (E.-U.)
Conceptualisation de la migration internationale de main-d'oeuvre : application de la théorie de la structuration (Conceptualizing international labor migration: A stucturation perspective) (p. 317-351)
Cet article applique la théorie de la structuration à la migration internationale de main-d'oeuvre, en utilisant les données d'une étude de cas réalisée aux Philippines. Dans un premier temps, les auteurs fournissent un aperçu des approches fonctionnelles et structurelles de la migration internationale de main-d'oeuvre et du hiatus théorique qui s'est créé entre ces approches. Ils passent ensuite en revue plusieurs tentatives de résolution de ce hiatus, y compris des approches par systèmes et par réseaux ; ces solutions sont rejetées sur la base d'arguments théoriques et empiriques. Les auteurs suggèrent que les organisations de migrants peuvent être un concept de niveau intermédiaire plus approprié que les réseaux sociaux ou les ménages pour articuler les divers niveaux d'analyse. Ils développent ce concept dans le cadre de la théorie de la structuration d'Anthony Giddens, et tentent de l'appliquer aux Philippines. Ils concluent que ce cadre de recherche est extrêmement bien adapté à la recherche future sur les migrations internationales de main-d'oeuvre. (PHILIPPINES, MIGRATION INTERNATIONALE, MIGRATION DE TRAVAIL, THEORIE)
96.11.21 - anglais - Nicholas VAN HEAR, University of Oxford (R.-U.)
L'impact des " retours " forcés massifs vers la Jordanie à la suite de la crise du Golfe (The impact of the involuntary mass "return" to Jordan in the wake of the Gulf crisis) (p. 352-374)
L'auteur examine l'impact du déplacement forcé d'environ 300 000 Palestiniens vers la Jordanie à la suite de la crise du Golfe de 1990-1991. Il analyse les caractéristiques de la population qui a ainsi afflué en masse en Jordanie et cherche à déterminer si ce phénomène a accablé le pays ou lui a été bénéfique. Ni migrants tels qu'on les conçoit communément, ni minorité résidente de plein droit au Koweït et dans les autres États du Golfe, leur cas jette le doute sur la pertinence de termes tels que retour et rapatriement, puisqu'une proportion importante de cette population avait très peu vécu en Jordanie, la " patrie " vers laquelle elle " revenait ". Cette migration forcée s'est combinée à d'autres effets de la crise du Golfe sur la Jordanie et a aggravé les problèmes économiques du pays, déjà sérieux. L'intégration de ces immigrants a été douloureuse. Mais contrairement aux craintes initiales, cet afflux massif n'a pas provoqué un désastre absolu et a pu contribuer à une certaine reprise économique en Jordanie, ce qui montre qu'un afflux soudain de population, même forcé et inorganisé, peut avoir des retombées positives. (JORDANIE, MIGRATION DE RETOUR, MIGRATION FORCEE, IMPLICATION ECONOMIQUE)
96.11.22 - anglais - Rebeca RAIJMAN, University of Chicago (E.-U.), et Moshe SEMYONOV, Tel-Aviv University et University of Illinois (E.-U.)
Modes d'intégration au marché du travail et coût de l'accès à l'emploi chez les nouveaux immigrants en Israël (Modes of labor market incorporation and occupational cost among new immigrants to Israel) (p. 375-394)
La présente étude apporte une contribution à la littérature sur la migration internationale, en examinant les facteurs sociaux, démographiques et contextuels qui influencent les modes d'intégration au marché du travail et les coûts de l'accès à l'emploi des nouveaux immigrants lors des premières années qui suivent leur arrivée. Les données analysées proviennent du recensement israélien de 1983 et concernent les hommes qui ont immigré en Israël entre 1979 et 1983. Bien que la plupart des immigrants se révèlent capables de s'intégrer à la main-d'oeuvre économiquement active peu de temps après leur arrivée, ils y parviennent en adoptant différentes stratégies et à un coût non négligeable. Les données montrent que la probabilité de trouver un emploi, le mode d'intégration au marché du travail et l'importance du coût d'accès à l'emploi dépendent fortement de l'origine géo-culturelle, de l'activité dans le pays d'origine et des ressources démographiques et en capital humain au niveau individuel. La signification de ces effets différentiels est discutée en détail. Les résultats mettent l'accent sur deux aspects cruciaux qui devraient être davantage analysés dans les études sur l'intégration des nouveaux immigrants au marché du travail : le statut d'emploi et le coût d'accès à l'emploi. (ISRAEL, TRAVAILLEUR IMMIGRE, ASSIMILATION DES MIGRANTS, MARCHE DU TRAVAIL)
96.11.23 - anglais - Carol ZABIN et Sallie HUGHES, University of California, Los Angeles (E.-U.)
Intégration économique et flux de main-d'oeuvre : les migrations par étapes dans les marchés du travail agricole au Mexique et aux États-Unis (Economic integration and labor flows: Stage migration in farm labor markets in Mexico and the United States) (p. 395-422)
Les auteurs examinent les effets probables de l'ALENA (l'Accord de libre-échange nord-américain) sur les migrations du Mexique vers les États-Unis, et contestent l'idée que le développement de l'emploi au Mexique pourrait réduire rapidement les migrations clandestines. Dans la mesure où l'ALENA implique une expansion de l'agriculture exportatrice mexicaine, la migration vers les États-Unis va augmenter plutôt que diminuer à court terme. Des données recueillies tant en Californie américaine qu'en Basse-Californie mexicaine montrent que les migrants mexicains originaires du sud du Mexique commencent presque systématiquement par une migration interne, ce qui réduit les coûts et les risques de la migration vers les États-Unis. Deux caractéristiques de l'emploi dans l'agriculture exportatrice sont spécialement importantes pour la réduction des coûts de la migration vers les États-Unis : premièrement, travailler dans l'agriculture exportatrice expose les migrants à des réseaux sociaux plus variés et à davantage d'informations sur la migration vers les États-Unis ; deuxièmement, l'agriculture exportatrice du Nord du Mexique offre des emplois stables, bien que mal rémunérés, à proximité de la frontière pour certains membres de la famille (surtout les femmes et les enfants), ce qui permet à d'autres membres de la famille de prendre le risque de migrer vers les États-Unis. (ETATS-UNIS, MEXIQUE, MIGRATION DE TRAVAIL, MIGRATION INTERMEDIAIRE, TRAVAILLEUR AGRICOLE)
96.11.24 - anglais - James WILEY, Hofstra University
Immigrés clandestins et réfugiés reconnus : le droit au travail au Costa Rica (Undocumented aliens and recognized refugees: The right to work in Costa Rica) (p. 423-440)
Le droit au travail est un droit de l'homme fondamental, qui a été étendu aux réfugiés par la réglementation internationale. L'accès au bénéfice de ce droit pour les réfugiés peut être entravé par la législation du pays d'accueil, situation due en partie au statut officiel des réfugiés et à leur besoin de conserver ce statut. Il en résulte paradoxalement que les étrangers clandestins ont plus facilement accès à l'emploi (illégalement) que beaucoup de réfugiés reconnus. Le Costa Rica constitue un terrain exemplaire pour analyser ce problème, avec son expérience d'accorder l'asile aux deux catégories de population entre 1979 et 1990. L'auteur examine le cas du Costa Rica pour déterminer l'impact de la présence des étrangers clandestins sur le droit au travail des réfugiés. (COSTA RICA, REFUGIE, IMMIGRANT CLANDESTIN, CHANCE D'OBTENIR UN EMPLOI, DROITS DE L'HOMME)
96.11.25 - anglais - Ian McALLISTER, University College, University of New South Wales (Australie)
La mobilité professionnelle des immigrés : l'impact de la migration sur la réussite économique en Australie (Occupational mobility among immigrants: The impact of migration on economic success in Australia) (p. 441-468)
Il est presque unanimement reconnu par les chercheurs que les immigrés réussissent moins bien économiquement que les autochtones. Ce désavantage est généralement expliqué soit par le fonctionnement des marchés du travail en concurrence, soit par une discrimination de la part des employeurs. En analysant les données d'une enquête nationale auprès des immigrés en Australie, l'auteur étudie la mobilité professionnelle de ceux-ci. Les résultats montrent que le désavantage économique est dû à la migration elle-même plutôt qu'aux expériences économiques des immigrés dans leur nouveau pays. Ils subissent un déclassement de statut professionnel dès le début de leur carrière en Australie et, par suite, pendant toute leur vie active, ce qui explique le handicap économique dont ils sont victimes. (AUSTRALIE, TRAVAILLEUR IMMIGRE, MARCHE DU TRAVAIL, DISCRIMINATION)
96.11.26 - anglais - Sean-Shong HWANG, University of Alabama at Birmingham (E.-U.), Rogelio SAENZ et Benigno E. AGUIRRE, Texas A & M University (E.-U.)
La sélection selon le statut socio-économique des Asiatiques mariés à des non-Asiatiques (The SES selectivity of interracially married Asians) (p. 469-491)
Comment les Asiatiques mariés avec un étranger peuvent-ils être comparés à leurs homologues mariés entre eux et à leurs conjoints en termes de statut socio-économique ? Les auteurs tentent de répondre à cette question en testant des hypothèses tirant leur origine de thèses économiques et de théories de l'échange et de l'assimilation. Cette étude est menée sur la base d'un échantillon représentatif d'Asiatiques mariés résidant aux Etats-Unis. Les résultats, basés sur des analyses logit multinomiales, indiquent que les femmes asiatiques qui ont les plus faibles niveaux d'instruction ont une propension plus importante à épouser un homme d'une autre race, quelle qu'elle soit. Les résultats correspondants pour les hommes ne révèlent que très peu d'indices d'une telle sélection négative. Et ceux qui contractent un mariage mixte ont tendance à épouser une personne dont le niveau d'instruction est inférieur au leur. Ces résultats remettent en question quelques croyances traditionnelles enracinées dans les théories économiques et sociologiques, mais ils confirment plusieurs autres hypothèses. (ETATS-UNIS, ASIE, IMMIGRANT, MARIAGE MIXTE, STATUT SOCIO-ECONOMIQUE)
96.11.27 - anglais - Michael J. WHITE, Brown University (E.-U.), Lorenzo MORENO, Mathematica Policy Research, Inc., et Shenyang GUO, Case Western Reserve University
Interrelations entre la fécondité et la mobilité géographique au Pérou : un modèle d'analyse aléatoire (The interrelation of fertility and geographic mobility in Peru: A hazards model analysis) (p. 492-514)
L'effet du lieu de résidence et de la migration sur la fécondité et l'effet de la fécondité sur la migration sont depuis longtemps des thèmes de recherche classiques en démographie. Les auteurs utilisent les données longitudinales de l'Enquête démographique et de santé du Pérou et des techniques statistiques appropriées pour mesurer ces interrelations chez les femmes en âge de procréer. Les résultats, en accord avec des travaux antérieurs, confirment que l'âge et le niveau d'instruction sont associés négativement à la fécondité. Les auteurs constatent également que le fait de résider dans une grande ville implique une fécondité plus faible (qu'en milieu rural) ; mais la résidence dans une ville de taille moyenne n'a pas d'effet. D'une façon un peu moins nette, les analyses montrent qu'un niveau d'instruction élevé et une famille peu nombreuse sont associés positivement avec la mobilité géographique. Les résidents des grandes villes et des villes moyennes ont une plus forte propension à migrer ; mais parmi les migrants, les plus urbanisés ont des taux légèrement plus faibles de mobilité ultérieure. Par comparaison avec les recherches antérieures, cette étude démontre la valeur d'une mesure temporelle détaillée des événements et des facteurs qui leur sont associés. (PEROU, MOBILITE GEOGRAPHIQUE, MIGRATION DIFFERENTIELLE, FECONDITE DIFFERENTIELLE, FACTEUR DE LA FECONDITE, FACTEUR DE MIGRATION)
96.11.28 - anglais - Tony WATERS, University of California, Davis (E.-U.)
Identité ethnique et migration : la formation d'enclaves ethniques par les émigrés allemands en Russie et en Amérique du Nord (Towards a theory of ethnic identity and migration: The formation of ethnic enclaves by migrant Germans in Russia and North America) (p. 515-544)
Cet article explore les déterminants du maintien de l'identité ethnique, en comparant six groupes d'émigrés allemands : des paysans émigrés en Russie de la Volga au XVIIIe siècle, des émigrés en Lettonie au XIIIe siècle, des bureaucrates et commerçants émigrés à Moscou et Saint-Petersbourg au XVIIe siècle, des paysans émigrés en Pennsylvanie au XVIIIe siècle, des Huttérites émigrés dans le Midwest nord-américain au XIXe siècle et des Allemands de la Volga émigrés vers ce même Midwest au XVIIIe siècle. Trois de ces groupes ont été assimilés à la société d'accueil, tandis que les trois autres ont formé des enclaves ethniques. La comparaison de ces six cas montre que le maintien ou non de l'identité ethnique dépend de la possibilité donnée aux individus d'emporter avec eux leur patrimoine économique héritable. Ce patrimoine économique héritable détermine en effet, dans la situation des migrants, quel sera le groupe de référence principal. (ALLEMAGNE, EMIGRANT, HISTOIRE, ASSIMILATION DES MIGRANTS, ANALYSE COMPARATIVE)
96.11.29 - anglais - Thomas J. ESPENSHADE, Princeton University (E.-U.)
Utilisation des données du Service d'immigration et de naturalisation sur les arrestations à la frontière pour mesurer le flux de migrants clandestins entre le Mexique et les Etats-Unis (Using INS border apprehension data to measure the flow of undocumented migrants crossing the U.S.-Mexico frontier) (p. 545-565)
L'auteur examine la manière dont les données du Service d'immigration et de naturalisation sur les arrestations à la frontière sont liées au flux des migrants clandestins qui franchissent la frontière sud des États-Unis. Il s'appuie sur une modélisation démographique du processus de migration illégale à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Ce modèle consiste, d'une part, en un cadre conceptuel permettant d'identifier des liens théoriques entre les arrestations et les flux de migrants clandestins, d'autre part, en un dispositif méthodologique d'estimation du nombre brut de migrants clandestins. Une des implications du modèle est que, pour la première fois, la relation entre les arrestations et les flux illégaux peut être examinée de manière empirique. L'auteur montre que le rapport, pour chaque période, entre les arrestations et les flux illégaux ne tient qu'au risque d'être repéré et arrêté lors d'une tentative d'entrée illégale aux États-Unis. De plus, d'après les données de 1977-1988, le coefficient de corrélation linéaire simple entre le nombre d'arrestations et le volume de l'immigration illégale est approximativement de 0,90, et le nombre d'immigrants clandestins est environ 2,2 fois supérieur au nombre d'arrestations effectuées par la police frontalière. L'auteur conclut par une discussion sur les conditions dans lesquelles on peut utiliser les données du Service d'immigration et de naturalisation sur les arrestations comme indicatrices du flux de migrants clandestins vers les États-Unis. (ETATS-UNIS, MEXIQUE, IMMIGRANT CLANDESTIN, MESURE DE LA MIGRATION)
AUTOMNE 1995 - VOLUME 29, NUMERO 3
96.11.30 - anglais - Richard D. ALBA, Nancy A. DENTON, Shu-yin J. LEUNG et John R. LOGAN, State University of New York at Albany (E.-U.)
La transformation des quartiers urbains dans un contexte d'immigration massive : la région de New York, 1970-1990 (Neighborhood change under conditions of mass immigration: The New York City region, 1970-1990) (p. 625-656)
Cet article examine la transformation de la composition raciale et ethnique des quartiers de la région métropolitaine du Grand New York entre 1970 et 1990, période pendant laquelle cette région a été l'une des principales zones d'accueil de nouveaux immigrants aux Etats-Unis. Les quartiers sont définis comme dans le recensement, et les transformations progressives de leur profil sont étudiées à partir des données des recensements de 1970, 1980 et 1990. Quatre groupes ethniques/raciaux sont pris en considération : les Blancs non-hispaniques, les Noirs non-hispaniques, les Hispaniques et les Asiatiques. L'analyse, qui applique la technique des tables de transition des quartiers (Denton et Massey, 1991), révèle un ensemble quelque peu paradoxal de transformations. D'une part, la complexité de la composition raciale et ethnique des quartiers de toute la région augmente : de plus en plus de quartiers hébergent des groupes multiples ; de moins en moins sont homogènes du point de vue racial ou ethnique. D'autre part, on observe une tendance transversale : les quartiers occupés exclusivement par des minorités, peuplés de Noirs ou de Noirs et d'Hispaniques, augmentent en nombre. Les auteurs montrent alors que ces profils sont associés à d'autres caractéristiques des quartiers, comme le revenu médian des ménages et la localisation en ville ou en banlieue. (ETATS-UNIS, METROPOLE, QUARTIER, IMMIGRANT, DEVELOPPEMENT URBAIN, COMPOSITION ETHNIQUE)
96.11.31 - anglais - Greta A. GILBERTSON, Fordham University
Travail féminin et emploi enclavé : le cas des femmes dominicaines et colombiennes à New York (Women's labor and enclave employment: The case of Dominican and Colombian women in New York City) (p. 657-670)
La thèse de l'enclavement soutient que les obligations nées de l'appartenance à une même ethnie ne permettent pas seulement d'exploiter les investissements passés en capital humain, mais aident à créer des opportunités de promotion. Cela implique qu'aussi bien les hommes que les femmes bénéficient d'une structure de rémunération élargie au-delà du seul salaire. Mais, jusqu'à présent, peu d'études examinent si les immigrés dans les entreprises dirigées par des personnes de même ethnie, en particulier les femmes, bénéficient de ces autres formes de rémunération, telles que les possibilités d'avancement. A l'aide des données d'une enquête sur les immigrés colombiens et dominicains à New York, l'auteur examine si les femmes colombiennes ou dominicaines qui travaillent dans des entreprises dirigées par des Hispaniques sont avantagées par rapport aux femmes des autres secteurs du marché du travail, en termes de rémunération du capital humain, d'opportunités d'acquisition de compétences et d'avantages en nature. Les résultats indiquent que l'emploi enclavé fournit aux femmes des salaires bas, des avantages minimes et peu d'opportunités de promotion. (ETATS-UNIS, METROPOLE, TRAVAILLEUR IMMIGRE, TRAVAIL FEMININ, ETHNICITE, SALAIRE)
96.11.32 - anglais - Nancy S. LANDALE, The Pennsylvania State University (E.-U.), et Nimfa B. OGENA, Mahidol University (Thaïlande)
Migration et rupture d'union chez les femmes portoricaines (Migration and union dissolution among Puerto Rican women) (p. 671-692)
Les auteurs examinent la relation entre migration et rupture d'union chez les Portoricains, un sous-groupe latino-américain caractérisé par des migrations répétées entre Porto Rico et le continent. A partir d'un regroupement de données biographiques provenant d'enquêtes comparables réalisées à Porto Rico et aux États-Unis, les auteurs observent que : 1) les femmes portoricaines qui ont vécu sur le continent ont des taux de rupture d'union nettement supérieurs à celles qui n'ont pas d'expérience américaine ; et 2) même après contrôle d'une grande variété de facteurs explicatifs potentiels, les taux relativement élevés d'instabilité des unions parmi les résidents des première et seconde générations aux États-Unis et parmi les migrants de retour sont fortement liés à l'expérience migratoire récente et à l'expérience migratoire totale au cours de la vie. D'après les résultats, la faiblesse des liens sociaux des migrants serait à l'origine du maigre soutien social accordé à leurs unions et du peu d'obstacles opposés aux ruptures d'union. (ETATS-UNIS, PORTO RICO, IMMIGRANT, FEMME, RUPTURE D'UNION)
96.11.33 - anglais - Arne GIESECK, Ullrich HEILEMANN et Hans Dietrich von LOEFFELHOLZ, Rheinisch-Westfälisches Institut für Wirtschaftsforschung (Allemagne)
Implications économiques de l'immigration en République fédérale d'Allemagne, 1988-1992 (Economic implications of migration into the Federal Republic of Germany, 1988-1992) (p. 693-709)
En analysant les effets de la dernière vague de migrations vers l'Allemagne de l'Ouest sur les marchés du travail, sur les finances publiques et sur la croissance économique, cette étude porte sur le fait souvent ignoré que les migrants réussissent relativement bien à trouver du travail, ce qui contribue à résorber le déficit de main-d'oeuvre de certains secteurs d'activité. Des simulations effectuées à l'aide d'un modèle macro-économique pour la RFA indiquent qu'en 1992 le PIB était de presque 6 % plus élevé en présence de migration que sans migration, que 90 000 emplois avaient été créés et que la migration avait engendré un surplus de 14 milliards de DM dans le secteur public par rapport aux chiffres de base. Mais l'étude montre aussi que ces effets dépendent principalement de l'absorption rapide des migrants par les marchés du travail allemands, et que, comme pour le système social, l'impact positif pourrait n'être que temporaire. (ALLEMAGNE, TRAVAILLEUR IMMIGRE, MARCHE DU TRAVAIL, IMPLICATION ECONOMIQUE)
96.11.34 - anglais - Max WINGEN, Federal German Ministry for Family and Senior Citizen Affairs (Allemagne)
L'immigration en République fédérale d'Allemagne : un problème économique et social (Immigration to the Federal Republic of Germany as a demographic and social problem) (p. 710-721)
En envisageant le problème de l'immigration vers l'Europe de l'Ouest, et plus spécialement vers l'Allemagne, en provenance de l'Europe de l'Est et du Sud-Est et des pays en développement du Sud, l'auteur examine si une telle immigration peut compenser le déclin démographique des pays développés. Il estime que le déficit démographique d'une population vieillissante ne peut être corrigé que dans une certaine mesure par l'immigration. Toute solution, pour être efficace, doit impliquer une hausse simultanée des taux de natalité de l'Allemagne et des autres pays de la Communauté Européenne. En ce qui concerne spécialement le développement social futur de l'Allemagne et de la Communauté Européenne, il serait judicieux que les gouvernements prennent des mesures visant aussi bien à contrôler l'entrée des immigrants extérieurs à la Communauté Européenne qu'à relancer l'accroissement naturel interne. (ALLEMAGNE, EUROPE OCCIDENTALE, IMMIGRATION, VIEILLISSEMENT DEMOGRAPHIQUE, POPULATION DECROISSANTE, ACCROISSEMENT NATUREL)
96.11.35 - anglais - Santina BERTONE, Victoria University of Technology (Australie), Gerard GRIFFIN, Monash University (Australie), et Roderick D. IVERSON, University of Melbourne (Australie)
Les travailleurs immigrés et les syndicats australiens : participation et attitudes (Immigrant workers and Australian trade unions: participation and attitudes) (p. 722-744)
La plupart des études sur les travailleurs immigrés syndiqués ont avancé que ces travailleurs sont des syndicalistes moins actifs que les non-immigrés et affichent des attitudes différentes envers leurs syndicats. A partir d'une enquête par questionnaire menée auprès des membres de six syndicats australiens, cet article remet en question ce consensus. Les auteurs estiment que le pays d'origine - anglophone ou non - ne détermine pas par lui-même des différences de niveaux de participation ou d'attitudes vis-à-vis du syndicat. Mais une variable très proche, le degré d'aptitude à parler l'anglais, influe sur certains aspects de la participation à l'activité syndicale et de l'attitude à l'égard du syndicalisme. (AUSTRALIE, TRAVAILLEUR IMMIGRE, SYNDICAT)
96.11.36 - anglais - Linda LOW, National University of Singapore (Singapour)
Les mouvements de population dans la région du Pacifique asiatique : le cas de Singapour (Population movement in the Asia Pacific region: Singapore perspective) (p. 745-764)
Les inégalités de salaires et de revenus, jointes aux flux d'affaires, de capitaux et de technologies et au phénomène de globalisation, peuvent expliquer les grands mouvements de population qui règnent dans la région du Pacifique asiatique. La littérature a décrit l'évolution de ces mouvements en termes de topologie, de volume, de composition et de direction. L'auteur replace ces tendances dans le contexte de Singapour en tant qu'exportateur aussi bien qu'importateur de main-d'oeuvre. Sa politique de régionalisation joue un rôle important, car elle lui permet d'exporter ses capitaux pour exploiter les ressources naturelles et humaines et les marchés des économies nouvellement développées d'Asie. À cet égard, sa politique de formation des travailleurs étrangers, semblable à ce qui se fait en Corée pour améliorer les transferts de compétences et de technologies, peut susciter une nouvelle approche des mouvements de population. A l'opposé du point de vue traditionnel qui estime que les mouvements de population sont des phénomènes perturbateurs et menacent les pays d'accueil et d'origine, on peut les regarder dans une perspective plus positive, comme contribuant à la croissance et au développement économiques. (SINGAPOUR, ASIE DU SUD-EST, MIGRATION INTERNATIONALE, IMPLICATION ECONOMIQUE)
96.11.37 - anglais - Patrick ONGLEY et David PEARSON, Victoria University of Wellington (Nouvelle-Zélande)
Les migrations internationales depuis 1945 : comparaison entre la Nouvelle-Zélande, l'Australie et le Canada (Post-1945 international migration: New Zealand, Australia and Canada compared) (p. 765-793)
Les tendances et les politiques néo-zélandaises de l'immigration depuis 1945 sont comparées à celles du Canada et de l'Australie. Sur presque toute la période considérée, l'Australie a maintenu la politique d'immigration la plus large, tandis que le Canada et la Nouvelle-Zélande ont eu tendance à lier les flux d'immigration aux fluctuations de la demande de travail. Au départ, les trois pays avaient une attitude discriminatoire contre les immigrants non-européens, mais ils ont évolué progressivement vers des politiques non-discriminatoires, avec des critères de sélection et des modes d'évaluation identiques pour tous. La Nouvelle-Zélande était traditionnellement plus prudente que le Canada et l'Australie quant au nombre d'immigrants admis et à leur origine, mais elle a récemment rejoint les deux autres pays en relevant ses objectifs d'immigration et en encourageant les migrations en provenance de nouvelles régions, en particulier des pays asiatiques. Des facteurs historiques, internationaux et nationaux sont invoqués pour expliquer le degré de convergence entre ces trois sociétés. (NOUVELLE-ZELANDE, CANADA, AUSTRALIE, POLITIQUE D'IMMIGRATION, ANALYSE COMPARATIVE)
HIVER 1995 - VOLUME 29, NUMERO 4
96.11.38 - anglais - Gary P. FREEMAN, University of Texas at Austin (E.-U.)
Typologie des politiques d'immigration dans les Etats libéraux démocratiques (Modes of immigration politics in liberal democratic states) (p. 881-902)
Les politiques d'immigration des démocraties libérales présentent de grandes similitudes. Néanmoins, trois groupes d'États affichent des positions politiques distinctes vis-à-vis de l'immigration. Des histoires d'immigration différentes modèlent les attitudes courantes à l'égard de la migration et du brassage ethnique, et affectent l'institutionnalisation des principes et des politiques relatifs aux migrations. Dans les sociétés d'immigrés de langue anglaise (Etats-Unis, Canada et Australie), l'histoire est marquée par des phases d'ouverture périodique à l'immigration, par des mécanismes de planification et de régulation de l'immigration et par des réseaux serrés et organisés de groupes d'intérêts contestant les politiques. Ces politiques institutionnelles favorisent des politiques expansionnistes et sont relativement à l'abri de changements de direction. Beaucoup d'États européens (France, Angleterre, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Suède et Belgique) n'ont connu une immigration massive qu'après la Seconde Guerre mondiale, et sous la forme d'un afflux de minorités non-européennes importantes. Leurs politiques d'immigration sont façonnées par ce que la plupart voit comme une conséquence malheureuse de ces événements, elles sont partiellement institutionnalisées et extrêmement instables et conflictuelles. Les États européens qui étaient jusque récemment des pays d'émigration (Espagne, Portugal, Italie et Grèce) ont affaire à des pressions migratoires pour la première fois dans leur histoire moderne, dans une situation de crise et dans le contexte d'une coordination intensifiée des politiques d'immigration au sein de l'Union Européenne. Il faut s'attendre à la normalisation des politiques d'immigration dans ces deux groupes d'États. Bien qu'il soit peu probable qu'ils adoptent les politiques des démocraties anglo-saxonnes, qui devraient rester uniques dans leur ouverture à l'immigration de masse, leur approche de l'immigration prendra néanmoins la forme démocratique libérale. (POLITIQUE D'IMMIGRATION, ANALYSE COMPARATIVE, LIBERALISME)
96.11.39 - anglais - Hermann KURTHEN, University of North Carolina at Chapel Hill (E.-U.)
L'Allemagne à la croisée des chemins : l'identité nationale et les défis de l'immigration (Germany at the crossroads: National identity and the challenges of immigration) (p. 914-938)
Tant au XIXe siècle qu'au XXe, l'histoire allemande a été caractérisée par des frontières politiques mouvantes et par des phases d'expansion et de contraction territoriale. Ces variations sont corrélées avec celles de la définition de l'identité nationale : très large, englobante, ou très étroite, restrictive. Les problèmes actuels en matière d'immigration et d'identité nationale remontent aux origines de la construction de la nation. Ils reflètent des contradictions non résolues entre une conception restrictive de l'état-nation et une conception large des principes républicains universels des droits de l'homme et des droits civiques ; entre l'interprétation rigoureuse des réglementations de la nationalité et une loi d'asile libérale ; et entre la notion officielle d'homogénéité nationale et la diversité croissante due à l'immigration et aux mouvements de réfugiés. Les conséquences imprévues de l'unification, en particulier l'augmentation de l'immigration, ont exacerbé les tensions entre les conceptions englobante et restrictive de l'identité nationale. La démocratie et la culture politique allemandes sont confrontées au défi de réajuster et de redéfinir l'identité et les intérêts nationaux dans les années 1990. Dans ce processus, l'Allemagne doit s'adapter à son statut de société d'immigration et aux conséquences inévitables de l'accroissement de la diversité ethnoculturelle. (ALLEMAGNE, IMMIGRATION, NATIONALITE)
96.11.40 - anglais - Andrew CONVEY et Marek KUPISZEWSKI, School of Geography, University of Leeds (R.-U.)
Schengen, et après ? Migration et politique dans l'Union Européenne (Keeping up with Schengen: Migration and policy in the European Union) (p. 939-963)
Il y a une relation obligée entre l'existence de mouvements migratoires et les politiques adoptées en conséquence par les autorités des zones concernées pour les encourager ou, plus souvent, pour essayer de les contrôler ou de les réduire. Cela signifie que les chercheurs ne doivent pas seulement identifier les effets des politiques et des modifications des politiques, tout important que cela soit, mais doivent également tenter de comprendre les variations des facteurs politiques qui alimentent le développement des politiques migratoires. Cet article présente une partie du large éventail de problèmes et de solutions politiques que l'on peut observer dans l'Europe d'aujourd'hui et d'hier, et vise en particulier à évaluer les approches adoptées par l'ensemble des États membres de l'Union Européenne, ainsi que par le " groupe de Schengen ". Les auteurs tentent également de voir quelles sont les perceptions de ces politiques et de leurs effets du point de vue des pays de l'Ouest et de l'Est de l'Europe, puisque les politiques migratoires ont généralement plus d'une facette. Pour conclure, les auteurs examinent certains problèmes de recherche relevés par les géographes et d'autres spécialistes travaillant dans ce domaine, difficultés qui pourraient être suggérées par le titre peut-être un peu désinvolte de l'article : " Schengen, et après ? ". (EUROPE OCCIDENTALE, POLITIQUE MIGRATOIRE)
96.11.41 - anglais - Mehmet UGUR, University of Greenwich, Londres (R.-U.)
Liberté de circulation et exclusion : une réinterprétation de la distinction entre " intérieurs " et " extérieurs " dans l'Union Européenne (Freedom of movement vs. exclusion: A reinterpretation of the 'insider'-'outsider' divide in the European Union) (p. 964-999)
Pour l'auteur de cet article, la question de l'opposition entre liberté de circulation et exclusion au sein de l'Union Européenne ne peut être abordée de manière satisfaisante que si l'on cesse de centrer le débat sur le concept étroit d'État. Il faut " ouvrir " le concept d'État et examiner les implications des relations société-État pour élaborer la politique européenne. Une fois cela fait, on comprend que la position " exclusionniste " de la politique d'immigration et la nature essentiellement intergouvernementale de l'élaboration de la politique sont dues à un contrat implicite entre les États et leurs composantes impliquées dans les concepts de nationalité et de citoyenneté. Selon cette perspective, se centrer seulement sur l'État ou sur l'élite politique est une attitude trop unidimensionnelle, qui laisse échapper les facteurs plus complexes relatifs à l'élaboration de la politique de l'Union Européenne en ce domaine. (EUROPE OCCIDENTALE, POLITIQUE MIGRATOIRE)
96.11.42 - anglais - Nasra M. SHAH, Kuwait University (Koweït)
Changements structurels dans les pays d'accueil et futures migrations de main-d'oeuvre. Le cas du Koweït (Stuctural changes in the receiving country and future labor migration. The case of Kuwait) (p. 1000-1022)
Les changements structurels qui affectent la main-d'oeuvre dans les pays d'accueil peuvent fournir d'importantes indications sur la rapidité et la nature du remplacement des travailleurs immigrés par des autochtones. L'auteur analyse les changements subis par la main-d'oeuvre nationale en termes de volume, de structure par âge et par sexe, de maintien en activité, de productivité, de type de profession et de secteur d'activité. Avec les changements de ces caractéristiques au cours des vingt dernières années, l'âge médian de la main-d'oeuvre masculine à l'échelle nationale reste bas, sa concentration dans le secteur public a augmenté et sa participation à la production et aux travaux manuels a continué de baisser. La participation des femmes a augmenté sensiblement : elles représentaient 31 % de la main-d'oeuvre nationale en 1993. Les femmes koweïtiennes sont principalement actives dans les professions libérales ou dans les emplois techniques et de bureau. Le nombre de femmes non-koweïtiennes au sein de la force de travail a augmenté, avec comme catégorie dominante les domestiques. Tous ces changements structurels suggèrent que la force de travail nationale grandit d'une manière qui implique une dépendance durable à long terme vis-à-vis des travailleurs étrangers, surtout dans le secteur de l'entretien des infrastructures et dans celui des services personnels. (KOWEIT, CROISSANCE DE LA MAIN-D'OEUVRE, TRAVAIL FEMININ, TRAVAILLEUR IMMIGRE)
96.11.43 - anglais - William F. S. MILES, Northeastern University, Boston (E.-U.)
La francophonie minoritaire. Le cas d'Israël, et spécialement des territoires palestiniens (Minoritarian francophonie. The case of Israel, with special reference to the Palestinian territories) (p. 1023-1040)
L'auteur étudie le statut d'identité minoritaire d'un groupe non-ethnique : la francophonie israélienne. Le statut de minorité non-ethnique est particulièrement intéressant dans la mesure où il représente une catégorie d'identité collective librement choisie et non imposée de l'extérieur. Dans le cas d'Israël, la francophonie a évolué principalement à partir des associations nord-africaines (socialement dépréciées) dans les années 1950 et 1960, jusqu'au phénomène actuel de l'" ashkénaze immigré " et du " sépharade francisé ". Les intellectuels francophones développent la francophonie israélienne comme un complément au sionisme, dans la mesure où elle représente une alternative culturelle à l'américanisation de la société israélienne. La langue française dissout également les clivages (religieux/laïques/nationalistes) qui défient l'unité de l'État juif. Les institutions associatives, éducatives, culturelles et religieuses reflètent la nature diffuse, dispersée et discrète de la francophonie israélienne ; alors qu'il y a diverses catégories de francophonie, il n'existe pas de communauté francophone en soi. Le futur de la francophonie en Israël est fonction de la technologie des media, de l'auto-redéfinition en termes pluralistes et des relations politiques avec la France. Sur de ce dernier point, à la francophonie palestinienne, originairement basée sur la religion et appuyée sur le Patriarcat latin, est en train de s'ajouter des efforts diplomatiques d'expansion de l'influence culturelle française parmi les Arabes, aussi bien en Israël que dans les territoires occupés. (ISRAEL, FRANCE, MINORITE LINGUISTIQUE)