ETUDES SUR LA POPULATION AFRICAINE

Retour à la page d'accueil


Canada (Calgary) 14

JOURNAL OF COMPARATIVE FAMILY STUDIES

1994 - VOLUME 25, NUMERO 3

96.14.1 - anglais - Linda M. CHATTERS, School of Public Health et Institute for Social Research, University of Michigan, 1420 Washington Heights, Ann Arbor, MI 48109-2029 (E.-U.), Robert Joseph TAYLOR, School of Social Work et Institute for Social Research, University of Michigan (E.-U.), et Rukmalie JAYAKODY, Joint Program in Social Work and Sociology et Institute for Social Research, University of Michigan (E.-U.)

Les relations de parenté fictives dans les familles élargies négro-américaines (Fictive kinship relations in Black extended families)

Les facteurs démographiques associés à la présence d'un " parent fictif " dans une famille élargie ont été étudiés sur un échantillon national d'adultes noirs. Les parents fictifs sont des personnes qui sont traitées comme des parents, mais ne sont reliées à la famille ni par le sang ni par alliance. Les deux tiers des personnes interrogées ont déclaré que leur famille comprenait un parent fictif. Une analyse multivariée a montré que le sexe, l'âge, le niveau d'instruction et la région de résidence sont associés de manière significative avec la probabilité de présence de parents fictifs dans la famille. Ces résultats sont rapprochés de ceux des travaux antérieurs sur le même sujet. (ETATS-UNIS, NOIR, FAMILLE ETENDUE, COMPOSITION DE LA FAMILLE)

96.14.2 - anglais - Dominique MEEKERS, Department of Sociology et Population Research Institute, The Pennsylvania State University, University Park, PA 16802 (E.-U.)

Une étude du modèle de nuptialité des Shona (Zimbabwe) combinant observation ethnographique et technique d'enquête (Combining ethnographic and survey methods: A study of the nuptiality patterns of the Shona of Zimbabwe)

Les enquêtes démographiques à grande échelle ont souvent été critiquées par les anthropologues qui estiment qu'une série de questions standardisées ne peut pas saisir de façon adéquate les détails et la complexité des phénomènes sociaux. On peut surmonter ce problème soit en recueillant par enquête des données qualitatives, soit en utilisant des informations ethnographiques pour élaborer des questionnaires très précis. L'étude présentée ici exploite les données d'une enquête détaillée sur les processus de formation des unions chez les populations de langue shona du Zimbabwe. Le questionnaire de cette enquête s'appuie sur des travaux ethnographiques relatifs au mariage shona et comporte des questions sur les divers événements qui peuvent jalonner le processus de formation d'un couple chez les Shona. L'analyse montre que beaucoup de couples ont abandonné les coutumes matrimoniales traditionnelles et forment des unions d'un type nouveau. En outre, ce n'est plus désormais le paiement de la dot qui ouvre l'accès aux relations sexuelles et à la fécondité. Cette étude montre qu'on peut récolter des données quantitatives détaillées au moyen de questionnaires biographiques pour compléter les données qualitatives fournies par les travaux ethnographiques. (ZIMBABWE, NUPTIALITE, COUTUME MATRIMONIALE, ETHNOGRAPHIE, ENQUETE BIOGRAPHIQUE, METHODOLOGIE)

96.14.3 - anglais - Kerry D. FELDMAN, Department of Anthropology, University of Alaska Anchorage, 3211 Providence Drive, Anchorage, Alaska 99508 (E.-U.)

Structures socio-économiques et choix du conjoint parmi les populations urbaines des régions en développement (Socioeconomic structures and mate selection among urban populations in developing regions)

Près de la moitié de la population des pays en développement réside actuellement dans les centres urbains, qui attirent divers groupes ethniques des zones rurales environnantes. Les anthropologues se sont énormément intéressés à la description et à la compréhension des normes et pratiques en matière de choix du conjoint chez ces populations dans leur environnement traditionnel, et ils ont élaboré une foule de théories de l'alliance et de la descendance en rapport avec ce phénomène biosocial fondamental. Par contre, l'étude de ces mêmes groupes dans leur nouvel environnement urbain n'a amené ni tentatives d'analyse interculturelle des pratiques de choix du conjoint, ni tentatives d'explication théorique du maintien ou de la transformation de ces pratiques au-delà des confins du groupe, de la ville ou du pays. L'auteur examine ici les pratiques de choix du conjoint des groupes qui ont migré vers le milieu urbain dans les pays en développement, en prenant l'exemple des quartiers de squatters en Turquie et aux Philippines, du système des castes en Inde, des sociétés tribales d'Afrique, des sociétés matrilinéaires et patrilinéaires, et des sociétés paysannes du Pérou et du Mexique. Les effets spécifiques du cadre socio-économique urbain sur les femmes et sur les hommes sont analysés en rapport avec les pratiques de choix du conjoint. L'auteur estime que ni les facteurs culturels ni les facteurs psychologiques ne constituent des explications suffisantes de la diversité des réponses des migrants aux conditions de vie urbaines en cette matière. La structure du système socio-économique dont dépendent ces populations en milieu urbain doit être considérée comme un déterminant crucial des tendances au maintien ou à la transformation des pratiques de choix du conjoint. Par contre, la "ville", en tant que variable indépendante en soi, n'est pas un déterminant de ce processus. (PAYS EN DEVELOPPEMENT, MIGRATION RURALE-URBAINE, CHOIX DU CONJOINT, CHANGEMENT CULTUREL)

96.14.4 - anglais - E. MOON PARK, Department of Psychology, Yonsei University, Séoul (Corée), et G. DIMIGEN, Department of Psychology, University of Glasgow, 56 Hillhead Street, Glasgow G12 (R.-U.)

Comparaison interculturelle des systèmes d'aide sociale post-natale (Cross-cultural comparison of the social support system after childbirth)

En comparant les systèmes d'aide sociale post-natale mis à la disposition des mères de famille en Ecosse et en Corée, les auteurs ont estimé que les Coréennes devaient se sentir plus satisfaites sur ce point que les Ecossaises, étant donné les types de structures familiales des deux sociétés (famille étendue en Corée, famille nucléaire en Ecosse). Ils ont alors interrogé 52 mères écossaises et 105 mères coréennes entre six et dix semaines après leur accouchement, et l'analyse des réponses a montré qu'ils avaient tort. En réalité, bien que moins aidées au total que les Coréennes, les Ecossaises apprécient davantage l'aide reçue. Les auteurs en concluent que, dans les deux pays, ce qui importe le plus pour les femmes, ce n'est pas le montant absolu de l'aide accordée, mais sa valeur relative en regard de ce à quoi elles estiment avoir droit, en fonction des coutumes de leur culture. (COREE, ECOSSE, ALLOCATIONS DE MATERNITE, SATISFACTION, ANALYSE COMPARATIVE)

96.14.5 - anglais - Denise HERD, School of Public Health, University of California, 518 Warren Hall, Berkeley, CA 94720 (E.-U.)

L'influence des attitudes et comportements des parents face à l'alcool sur l'alcoolisme chez les adultes blancs et noirs (The influence of parental drinking attitudes and behavior on the drinking patterns of Black and White adults)

L'importance de l'influence parentale en matière d'alcoolisme a été soulignée par les théories de la socialisation qui mettent l'accent sur la fonction privilégiée des relations parents-enfants et sur le rôle que jouent les parents en tant que modèles de comportement et agents de transmission des normes et des valeurs morales. Cette étude examine l'impact des attitudes et comportements des parents face à l'alcool sur les habitudes de 1 947 Noirs et 1 777 Blancs à cet égard. Les parents des Noirs avaient une attitude plus conservatrice en matière de boisson et étaient moins souvent alcooliques que ceux des Blancs. Des analyses de régression hiérarchique ont montré qu'en matière d'alcoolisme les influences parentales sont un bon prédicteur des comportements des enfants dans les deux groupes raciaux, même en neutralisant les effets de l'âge, de la religion, de la région de résidence et du statut socio-économique. Mais la différence entre l'effet des attitudes parentales et celui des habitudes parentales varie sensiblement en fonction de la race et du sexe. L'auteur attribue ce phénomène aux différences de contexte social de l'alcoolisme et de structure familiale entre les Noirs et les Blancs, et à la différence de fréquence de l'alcoolisme entre les hommes et les femmes. (ETATS-UNIS, ALCOOLISME, NOIR, BLANC, MILIEU FAMILIAL)

96.14.6 - anglais - Alan E. CRADDOCK, Department of Psychology, University of Sydney (Australie)

Relations entre satisfaction conjugale et préférences en matière de vie privée (Relationships between marital satisfaction and privacy preferences)

Ayant soumis 114 couples mariés habitant Sydney au test Spanier de concordance conjugale et à une version abrégée du test de choix de vie privée de Marshall, l'auteur a étudié, par une méthode de régression, la relation entre la satisfaction conjugale (de l'homme, de la femme et du couple) et les préférences individuelles ou communes en matière de vie privée (isolement, retenue, relations de voisinage et intimité). (AUSTRALIE, UNION CONJUGALE, SATISFACTION, PSYCHOLOGIE SOCIALE)

96.14.7 - anglais - Vern L. BULLOUGH, Department of Sociology, State University of New York, Buffalo, NY 14261 (E.-U.), et Fan FU RUAN, Chinese College of Medicine, Oakland, CA (E.-U.)

Mariage, divorce et relations sexuelles dans la Chine actuelle (Marriage, divorce and sexual relations in contemporary China)

Les usages et les attitudes relatifs au mariage, au divorce et aux pratiques sexuelles sont en train d'évoluer en Chine. Certains de ces changements ont été encouragés par le gouvernement, tandis que d'autres se sont développés pratiquement à contre-courant de la politique officielle. Même si la Chine se veut actuellement plus ouverte, il n'est pas facile de recueillir des informations sur ce sujet. Les auteurs présentent ici un tour d'horizon basé sur les sources disponibles et sur leur expérience personnelle. L'un d'eux est un chercheur chinois connu pour ses travaux sur le mariage, la sexualité et la famille, l'autre un Américain qui a visité la Chine et écrit sur la sexualité des Chinois. (CHINE, SEXUALITE, MARIAGE, DIVORCE)

96.14.8 - anglais - Gavin W. JONES, Department of Demography, The Australian National University, GPO Box 4, ACT 2601, Canberra (Australie), Yahya ASARI, Faculty of Agriculture, Padjadjaran University, Bandung (Indonésie), et Tuti DJUARTIKA, Population Studies Centre, Padjadjaran University, Bandung (Indonésie)

Le divorce dans la région occidentale de Java (Divorce in West Java)

Les auteurs décrivent les tendances des taux de divortialité dans la région occidentale de Java depuis 40 ans. Cette région avait un des taux de divortialité les plus élevés du monde dans les années 1950 et 1960 ; au milieu des années 1980, il ne valait plus que le cinquième de celui des Etats-Unis. Les différences régionales étaient très prononcées et le sont encore, et les auteurs les attribuent davantage à des facteurs culturels qu'à des facteurs socio-économiques. La baisse rapide des taux de divortialité est reliée à l'évolution sociale et économique, en particulier la hausse des revenus, la diffusion de l'instruction des filles et de l'emploi féminin, et l'effondrement des attitudes traditionnelles entraîné par le progrès des transports et des communications. Corrélativement, l'âge au premier mariage des femmes s'est élevé et le mariage arrangé a reculé, ce qui a diminué la proportion des couples traditionnellement les plus exposés au risque de divorcer. L'évolution de l'idéologie et de la législation a joué un rôle dans ce recul du divorce, mais les réformes législatives ont entériné, plutôt qu'entraîné, les changements d'attitude de la population. (INDONESIE, TAUX DE DIVORCE, NUPTIALITE, MODERNISATION)

1995 - VOLUME 26, NUMERO 1

Familles d'Asie : croyances et réalités

96.14.9 - anglais - Leela MULLATTI, Department of Sociology, Karnatak University, Belgaum Campus, Belgaum 590001 (Inde)

Les familles en Inde : croyances et réalités (Families in India: Beliefs and realities) (p. 11-25)

L'Inde est une mosaïque de peuples et de territoires où, du berceau à la tombe, la famille est censée se conformer à des obligations religieuses. La religion englobe tous les aspects de la vie. Ses textes normatifs sont le Purushartas et le Varnasrama Dharmas. Dans l'hindouisme, homme et femme sont inégaux, et l'inégalité est aussi de règle dans les statuts socio-économiques et les cycles de vie. Il existe une corrélation négative entre la croissance démographique et le taux d'alphabétisation. La famille indienne est patriarcale. Elle suit un cycle : élargie-nucléaire-élargie. Le mariage est une union entre deux familles, arrangée par les anciens. Un fléau moderne de la famille indienne est le système de la dot et la mortalité qui lui est associée. Les anciens sont encore respectés aujourd'hui ; si le divorce bénéficie d'une sanction légale, il attend toujours sa sanction sociale. La religion est la trame de la vie quotidienne de la famille, qui n'existe que pour en appliquer les préceptes. (INDE, VIE FAMILIALE, MARIAGE, HINDOUISME, TRADITION)

96.14.10 - anglais - Anwarullah CHOWDHURY, Faculty of Social Sciences, University of Dhaka, Dhaka 1000 (Bangladesh)

Les familles au Bangladesh (Families in Bangladesh) (p. 27-41)

L'auteur traite de l'expansion des études sur la famille et de divers autres aspects de la problématique de la famille au Bangladesh. La littérature décrit l'évolution de la situation de la famille au Bangladesh au cours du temps. Cet article est une tentative pour comprendre la dynamique de la société rurale bangladaise, en mettant l'accent sur la famille. L'auteur examine aussi le profil démographique des familles et d'autres éléments tels que le type d'organisation sociale du Bangladesh rural. Enfin, il suggère d'engager de nouveaux travaux à objectif explicatif sur la situation de la famille au Bangladesh. (BANGLADESH, MILIEU RURAL, FAMILLE)

96.14.11 - anglais - Zainal KLING, Department of Anthropology and Sociology, University of Malaya, Kuala Lumpur 59100 (Malaisie)

La famille malaise : croyances et réalités (The Malay family: Beliefs and realities) (p. 43-66)

L'étude de la famille malaise et de son idéologie doit partir d'une bonne compréhension des interrelations entre trois éléments fondamentaux : le substrat socio-culturel traditionnel (l'adat), l'impact et l'assimilation des principes de l'Islam et l'influence de la législation coloniale britannique. La combinaison de ces trois grandes influences expose directement les membres de la famille, surtout les jeunes, aux modèles étrangers de relations familiales, tels qu'ils sont décrits, de façon plus ou moins exacte, par les médias. Les médias électroniques, en particulier, ont introduit une nouvelle forme d'interaction dans le modèle de socialisation familiale des jeunes et créent une sorte de décalage structurel dans la vie de la famille. (MALAISIE, FAMILLE, TRADITION, MODERNISATION, SOCIALISATION)

96.14.12 - anglais - Bhassorn LIMANONDA, Institute of Population Studies, Chulalongkorn University, Bangkok 10330 (Thaïlande)

Les familles en Thaïlande : croyances et réalités (Families in Thailand: Beliefs and realities) (p. 67-82)

L'objectif principal de cet article est d'analyser les familles thaïlandaises à la lumière de la religion dominante, le bouddhisme. L'étude est essentiellement basée sur une revue de la littérature et un examen des résultats de travaux sur la famille et la religion. L'accent est mis sur l'évolution des structures démographiques et de la fécondité en liaison avec l'évolution de la taille et de la structure des ménages. L'auteur analyse certains aspects de la famille, comme le système familial, le cycle de vie de la famille, le mariage, le divorce, le travail des femmes, la vieillesse. Le bouddhisme, qui s'est développé en Thaïlande depuis le treizième siècle, a fortement imprégné la société thaï ; elle constitue le fonds culturel du mode de vie, des attitudes, des codes de conduite de l'individu, tant au niveau de la société qu'à celui de la famille. Autrefois, le bouddhisme jouait un rôle fondamental dans la vie des gens, de l'enfance à la vieillesse. Mais, depuis vingt ou trente ans, la Thaïlande est engagée dans un processus d'évolution socio-économique rapide vers plus de modernisation et d'urbanisation, et on voit certains principes et comportements sociaux, étroitement liés jusqu'alors à la religion, subir à leur tour une évolution, tant dans la famille que dans la société en général. C'est peut-être l'indice qu'un fossé est en train de se creuser aujourd'hui entre les croyances et les réalités en Thaïlande. (THAILANDE, DEMOGRAPHIE DE LA FAMILLE, BOUDDHISME, SYSTEME DE VALEURS, MODERNISATION)

96.14.13 - anglais - Hoiman CHAN et Rance P. L. LEE, Department of Sociology, The Chinese University of Hong Kong, Shatin, New Territories (Hong Kong)

Les familles à Hong Kong : au carrefour du modernisme et du traditionalisme (Hong Kong families: At the crossroads of modernism and traditionalism) (p. 83-99)

L'enracinement culturel des structures et processus familiaux est un point de départ fondamental pour quiconque veut analyser la vie familiale à Hong kong. Deux courants culturels, le traditionalisme chinois et le modernisme occidental, sont les deux axes idéologiques qui façonnent les familles de Hong Kong. Cette perspective idéologique permet de mettre en lumière les aspects saillants de la situation des familles, comme l'importance du familialisme utilitariste, l'essor des familles nucléaires, l'évolution de l'exercice de l'autorité parmi les membres de la famille, la formation d'un éventail de liens familiaux étendus. Les auteurs interprètent ces caractéristiques bigarrées en se référant au concept de famille nucléaire modifiée. (HONG KONG, TRADITION, MODERNISATION, FAMILLE, IDEOLOGIE)

96.14.14 - anglais - Mei-Lin LEE, Institute of Social Welfare, National Chungcheng University, 160, San-Hsing, Ling-Hsiung, Chia-yi (Taiwan), et Te-Hsiung SUN, Research, Development and Evaluation Commission, The Executive Yuan, 12F, No. 4, Section 1, Chung-hsiao West Rd., Taipei (Taiwan)

Famille et démographie à Taiwan aujourd'hui (The family and demography in contemporary Taiwan) (p. 101-115)

Les auteurs analysent l'évolution de la famille taiwanaise dans le contexte de l'évolution démographique et des caractéristiques idéologiques du pays. L'analyse est basée principalement sur une série d'enquêtes CAP effectuées, entre 1965 et 1985, sur des échantillons représentatifs de ménages comportant des femmes mariées entre 20 et 39 ans. Les résultats montrent que, si le système familial traditionnel chinois subsiste, il subit une certaine érosion du fait de l'évolution sociale et démographique rapide. Avec le recul des familles étendues, la proportion des familles nucléaires a fortement augmenté et la taille des familles a diminué. Presque toutes les femmes se marient, mais l'âge au mariage s'est élevé, de même que le taux de divortialité. La structure familiale varie sensiblement en fonction de la région et des croyances traditionnelles. (TAIWAN, DEMOGRAPHIE DE LA FAMILLE, TRADITION, CHANGEMENT CULTUREL)

96.14.15 - anglais - Insook Han PARK, Department of Population Science, Konkuk University, 93-1 Mojin-Dong, Sungdong-Ku, Séoul (Corée), et Lee-Jay CHO, Program Development, East West Center, 1777 East-West Road, Honolulu, Hawaii 96848 (E.-U.)

Le confucianisme et la famille coréenne (Confucianism and the Korean family) (p. 117-134)

Les auteurs examinent le système familial coréen contemporain et la démographie du pays dans le contexte de la tradition confucéenne et de l'évolution socio-économique récemment entraînée par l'influence occidentale. Ils décrivent les changements de la composition, de la fonction et de la structure de la famille d'aujourd'hui en confrontant cette évolution avec le passé récent et avec la famille traditionnelle en prise avec les processus d'industrialisation, d'urbanisation et de transition démographique qui bouleversent la société coréenne. (COREE, CONFUCIANISME, FAMILLE, CHANGEMENT SOCIAL)

96.14.16 - anglais - Fumie KUMAGAI, Department of Foreign Studies, Kyorin University, 476 Miyashita-cho, Hachioji, Tokyo 192 (Japon)

Les familles au Japon : croyances et réalités (Families in Japan: Beliefs and realities) (p. 135-163)

La transformation d'une société traditionnelle en société moderne implique une transformation de la famille, une révolution démographique et l'affaiblissement de l'influence de la religion. La société japonaise ne fait pas exception. En examinant l'évolution des structures de la famille et du ménage au Japon, on observe trois phénomènes principaux : l'apparition de caratéristiques modernes dans les aspects extérieurs, la persistance d'éléments traditionnels dans les aspects intérieurs, et des variations régionales marquées dans les milieux ruraux et urbains. L'auteur s'appuie sur ces résultats pour affirmer le caractère dual de la famille japonaise contemporaine, où coexistent des éléments traditionnels et modernes. En d'autres termes, la société japonaise d'aujourd'hui tolère la diversification des formes familiales tout en préservant ses traditions, ce qui découle peut-être de la nature même de sa culture pluri-religieuse. (JAPON, FAMILLE, MODERNISATION, TRADITION)

1995 - VOLUME 26, NUMERO 2

96.14.17 - anglais - Dominique MEEKERS, Population Research Institute, and Department of Sociology, The Pennsylvania State University, University Park, PA 16802-6207 (E.-U.)

Le libre choix du conjoint au Togo (Freedom of partner choice in Togo) (p. 163-178)

Les principales théories de la transition de nuptialité postulent que les processus de formation des unions de toutes les sociétés du monde évoluent de la même manière. Parmi ces transformations du mariage figure le remplacement progressif des mariages arrangés par des unions fondées sur l'amour et le choix personnel des partenaires, et ce progrès de l'autonomie dans le choix du partenaire devrait être accompagné d'un recul des mariages consanguins. Des études empiriques récentes ont remis en question ces théories de la convergence, en montrant que certains groupes socio-économiques conservent leurs pratiques matrimoniales traditionnelles, tandis que d'autres développent des coutumes nouvelles qui ne sont ni tout à fait traditionnelles, ni tout à fait occidentales. L'auteur utilise des données de l'Enquête démographique et de santé togolaise de 1988 pour examiner les variations du degré d'autonomie des femmes en matière de choix du conjoint et de la fréquence du mariage consanguin au Togo. (TOGO, CHOIX DU CONJOINT, THEORIE, MARIAGE CONSANGUIN, CHANGEMENT CULTUREL)

96.14.18 - anglais - Zenaida R. RAVANERA, Fernando RAJULTON et Thomas K. BURCH, Department of Sociology, Population Studies Center, The University of Western Ontario, London, Ontario N6A 5C2 (Canada)

Une analyse longitudinale de l'émancipation des jeunes au Canada, dans les générations de 1910 à 1975 (A cohort analysis of home-leaving in Canada, 1910-1975) (p. 179-193)

Cet article présente une application de la technique des tables d'extinction à l'analyse du départ des enfants du foyer de leurs parents, à partir de données recueillies dans le cadre de l'Enquête sociologique générale canadienne de 1990. La distribution de l'âge à l'émancipation, les raisons du départ et la relation avec le calendrier du premier mariage ou de la première union sont analysées en fonction du sexe, pour les générations quinquennales de 1910 à 1975. Les auteurs étudient les évolutions d'une génération à l'autre, les différences entre sexes et les principaux événements (historiques, économiques et sociaux) qui peuvent avoir influé sur l'émancipation des jeunes. (CANADA, JEUNESSE, COMPOSITION DU MENAGE, ANALYSE LONGITUDINALE)

96.14.19 - anglais - Cui-Xia ZHANG, Department of Sociology, University of Illinois-Chicago, Chicago, Illinois 60680 (E.-U.), et John E. FARLEY, Department of Sociology, Southern Illinois University at Edwardsville, Edwardsville, Illinois 62026-1455 (E.-U.)

La répartition sexuelle des tâches ménagères : comparaison des déclarations des femmes professeurs d'université aux Etats-Unis et en Chine (Gender and the distribution of household work: A comparison of self-reports by female college faculty in the United States and China) (p. 195-205)

On a interrogé des échantillons de femmes professeurs mariées dans une université américaine et une université chinoise. On leur a demandé quelle est la part des diverses tâches ménagères qui est exécutée par elles-mêmes, leur mari, leurs enfants, une femme de ménage ou d'autres personnes, et on les a également questionnées sur la répartition entre membres du ménage des responsabilités matérielles à l'égard des enfants en semaine et le week-end. Les deux enquêtes ont donné des résultats remarquablement proches en ce qui concerne la répartition des tâches ménagères entre homme et femme, une part disproportionnée de toutes ces tâches (sauf les réparations) incombant à la femme dans les deux pays, alors que les deux conjoints ont un emploi à plein temps. Les rares différences observées concernent le recours à une femme de ménage et les travaux confiés aux enfants. La participation du mari aux tâches ménagères est pratiquement identique dans les deux échantillons. Cette forte similarité, malgré les énormes différences sociales et culturelles qui séparent les Etats-Unis de la Chine, est expliquée par une même dissociation entre l'évolution des rôles sexuels dans le domaine de l'activité professionnelle et le maintien des rôles sexuels traditionnels quand il s'agit du partage du travail au sein du ménage. On ne sait pas si cette dissociation est transitoire ou durable. (ETATS-UNIS, CHINE, ENSEIGNANT, DIVISION SEXUELLE DU TRAVAIL, TRAVAIL DOMESTIQUE)

96.14.20 - anglais - B. E. AGUIRRE, Department of Sociology, Rogelio SAENZ, Department of Rural Sociology, Texas A & M University, College Station, TX 77843 (E.-U.), et Sean-Shong HWANG, Department of Sociology, University of Alabama at Birmingham, Birmingham, Alabama 35294 (E.-U.)

Remariages et intermariages chez les Asiatiques aux Etats-Unis (Remarriage and intermarriage of Asians in the United States of America) (p. 207-215)

L'échantillon public de micro-données à 5 % du recensement américain de 1980 fournit des renseignements sur les couples mariés dont au moins l'un des conjoints est d'origine asiatique. Les auteurs exploitent ces données pour étudier l'exogamie raciale et ethnique des Asiatiques. L'exogamie est moins fréquente quand les Asiatiques nés à l'étranger sont à leur premier mariage et que le mari est plus âgé et plus instruit que sa femme. Les Asiatiques remariés avec des célibataires sont plus souvent exogames que les autres, quant à la race. De plus, les Asiatiques ont plus tendance à franchir les frontières raciales quand ils sont plus instruits que leur conjoint. Etre né hors des Etats-Unis n'est pas nécessairement associé avec l'endogamie, mais les effets de cette caractéristique sont médiatisés par l'histoire matrimoniale des conjoints et le type d'exogamie concerné. La diversité croissante et le pluralisme culturel des modèles familiaux américains sont considérés comme des éléments favorables à cette exogamie. (ETATS-UNIS, ASIE, EXOGAMIE, REMARIAGE, MARIAGE MIXTE)

96.14.21 - anglais - Lewellyn HENDRIX, Department of Sociology, Southern Illinois University, Carbondale, Illinois 62901 (E.-U.), et Willie PEARSON Jr., Department of Sociology, Wake-Forest University, Winston-Salem, NC 27109 (E.-U.)

Interdépendance conjugale, autonomie féminine et divorce : étude inter-culturelle (Spousal interdependence, female power, and divorce: A cross-cultural examination) (p. 217-232)

En exploitant les données d'un échantillon représentatif de l'ensemble des sociétés préindustrielles du monde, les auteurs examinent dans quelle mesure la fréquence du divorce est influencée par des facteurs liés au sexe, tels que l'autonomie de la femme et l'interdépendance des époux. Ils utilisent quelques indicateurs de la division sexuelle du travail pour mesurer l'interdépendance conjugale et observent que, sous certaines conditions, le divorce est plus fréquent dans les sociétés où cette interdépendance est plus forte. Le divorce est positivement associé à l'autonomie féminine quand la division sexuelle du travail est très tranchée. Les auteurs estiment que l'égalité des époux et une rigoureuse division des tâches entre eux peut accroître la divortialité parce que cette combinaison peut : (1) rendre difficile la coordination et le contrôle du travail des conjoints, (2) développer des intérêts divergents chez le mari et la femme, ou (3) trahir une ambivalence culturelle à l'égard du mariage. Chacun de ces facteurs peut entraîner animosité et conflit au sein du couple, et donc augmenter le risque de divorce. (COUPLE, RELATIONS ENTRE EPOUX, DEPENDANCE, DIVORCE, ANALYSE COMPARATIVE)

96.14.22 - anglais - Yu-Wen YING et Xiulan ZHANG, School of Social Welfare, University of California, Berkeley, CA 94720 (E.-U.)

La santé mentale dans les familles rurales et urbaines chinoises : le rôle du décalage psychologique entre générations et de la solidarité familiale (Mental health in rural and urban Chinese families: The role of intergenerational personality discrepancy and family solidarity) (p. 233-246)

Cette étude empirique est consacrée à la santé mentale des familles rurales et urbaines en Chine. Les auteurs postulent que le degré de dépression des parents et des enfants adultes est médiatisé par le décalage psychologique croissant entre générations (mesuré par le degré d'intériorisation et de soumission aux normes), par l'affaiblissement de la solidarité familiale (mesuré par les degrés de consensus, d'affect et d'entraide), par l'urbanisation et par l'amoindrissement de la pression sociale. Le degré de dépression des parents est négativement médiatisé par le consensus (tel qu'ils le perçoivent) et l'urbanisation. Celui des enfants est négativement médiatisé par le consensus et par l'affect. Pour les enfants, le creusement du décalage psychologique entre les générations influe négativement sur le consensus et donc, par cet intermédiaire, influe négativement sur la santé mentale. (CHINE, FAMILLE, SANTE MENTALE, PSYCHOLOGIE SOCIALE)


Retour à la page d'accueil