POPULATION

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France (Paris) 46

POPULATION

JANVIER-FEVRIER 1996 - 51e ANNEE, NUMERO 1

96.46.1 - français - Sophie PENNEC, INED, 27 rue du Commandeur, 75675 Paris Cedex 14 (France)

La place des familles à quatre générations en France (p. 31-60)

Autrefois, il était exceptionnel, pour une personne à la retraite, d'appartenir à une famille comportant quatre générations successives. Aujourd'hui, une telle situation est beaucoup plus fréquente. Ce travail tente d'apprécier, pour les cohortes féminines nées de 1920 à 1950, quelle est la proportion de femmes qui vivent ou vivront dans de telles familles de l'âge de 50 ans à leur décès. On montre que les femmes nées en 1950 ont une probabilité de vivre, durant leur vieillesse, dans une lignée de quatre générations nettement supérieure à celles nées 30 ans plus tôt ; à 50 ans, cela concernait 26 % des survivantes des femmes nées en 1920 ; elles seront 44 % pour celles nées en 1950. Pour cela, nous avons construit un modèle "simple" qui permet, en premier lieu, de pallier le manque de données mais surtout de reconstituer les différentes générations en présence à partir des seules données de mortalité et de fécondité. Il nous permet de mesurer quelle est la part de la mortalité et celle de la fécondité dans l'augmentation que l'on observe mais aussi de nous intéresser à la composition précise de la famille et, en particulier, la position de la femme dans la lignée. On peut ainsi voir que la hausse à venir du nombre de familles de quatre générations est principalement due aux gains en matière d'espérance de vie et, en particulier, à la présence plus longue des parents et à l'augmentation du nombre de femmes qui vivront jusqu'à des âges élevés. (FRANCE, COMPOSITION DE LA FAMILLE, GENERATION, FEMME)

96.46.2 - français - Michèle BIEGELMANN-MASSARI, Institut de Démographie, Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne (France)

Les dispenses civiles au mariage de 1960 à 1992. I. Le choix d'un parent pour conjoint (p. 61-92)

Le Code civil stipule que certains mariages sont interdits et que d'autres ne peuvent être célébrés sans l'obtention préalable d'une autorisation du Chef de l'Etat. Celui-ci décide d'accorder ou de refuser la "dispense" au vu d'un dossier qui permet de connaître tant les motifs et les caractéristiques socio-professionnelles des requérants que les éléments d'interprétation de ceux qui instruisent leur demande. Dans ce premier article sont analysées les requêtes reposant sur l'alliance et la consanguinité. Or, si ceux à requérir ces mariages que le Code civil réprouve sont de moins en moins nombreux, l'étude de leurs dossiers conforte certaines des hypothèses sur l'origine de la baisse de la nuptialité contemporaine et, en particulier, le rôle déterminant joué par l'activité féminine. (FRANCE, MARIAGE, CONSANGUIN, HOMOGAMIE)

96.46.3 - français - Richard WALL, Cambridge group for the History of Population and Social Structure, Cambridge (R.-U.)

Comparer ménages et familles au niveau européen : problèmes et perspectives (p. 93-116)

Les classifications des ménages ou de leurs membres n'ont d'intérêt que si elles permettent d'identifier les caractéristiques-clefs des modèles familiaux et de résidence. Celles que nous présentons dans cet article répondent à cet objectif en ce qu'elles présentent, par âge, sexe et état matrimonial, le nombre d'individus vivant en couple, comme parent unique, comme enfant, le nombre d'individus vivant avec d'autres personnes apparentées, avec d'autres personnes non apparentées ou bien en solitaire. Ces grilles indiquent combien de personnes d'un âge donné font partie d'un noyau familial nucléaire (couple ou parent-enfant), co-résident avec des personnes apparentées, en l'absence d'un tel noyau, ou font partie d'un ménage qui comprend un noyau de ce type. Les tableaux joints à cette étude mettent en évidence les rapports de co-résidence - familiale ou non - qui ont été calculés à partir d'échantillons statistiques nationaux, le premier pratiqué sur le recensement de l'Angleterre et du Pays de Galles pour 1981 (1 %) et le second pratiqué sur le recensement de la Grande-Bretagne pour 1991. Nous nous sommes attaché, dans un premier temps, à la position de l'individu dans le ménage, en pensant que l'approche détaillée des relations interpersonnelles permettrait une meilleure compréhension des modèles de résidence, familiaux ou non. Enfin, certaines grilles de classification des ménages ont été tracées qui éclairent mieux les caractéristiques des ménages comportant une personne non apparentées qui précisent la composition des familles de type conjugal (couple marié ou non) ou monoparentales (père ou mère résidant sans partenaire) et qui, enfin, font ressortir la rareté des ménages de type "non classique", c'est-à-dire autres qu'individu solitaire, couple avec enfant(s) (sans co-résident présent) et couple sans enfant (sans co-résident présent). (EUROPE, COMPOSITION DU MENAGE, COMPOSITION DE LA FAMILLE, ANALYSE COMPARATIVE)

96.46.4 - français - Marie-Hélène CAZES, INED, 27 rue du Commandeur, 75675 Paris Cedex 14 (France), et Pierre CAZES, LISE-CEREMADE, Université Paris-Dauphine, Paris (France)

Comment mesurer la profondeur généalogique d'une ascendance ? (p. 117-140)

Pour de nombreux travaux de génétique ou parfois de démographie historique, on utilise la reconstitution d'ascendances à partir d'un individu appelé le probant. L'information apportée par ces généalogies varie d'un individu à l'autre, en fonction du nombre d'ancêtres qu'on est parvenu à identifier. Les mesures classiques du coefficient de parenté ou de consanguinité vont directement dépendre de cette reconstitution. C'est pourquoi, il est nécessaire de quantifier l'information contenue dans ces ascendances, si l'on veut pouvoir procéder à des comparaisons entre individus. Cet article analyse un indice, supposé exprimer la profondeur Généalogique moyenne d'une ascendance. Nous montrons des exemples où l'utilisation de cet indice fournit des résultats incohérents et proposons deux autres indices, avec leurs variances associées, qui suppriment ces incohérences et peuvent s'interpréter vraiment en terme de profondeur généalogique. (GENETIQUE DEMOGRAPHIQUE, METHODOLOGIE, GENEALOGIE)

MARS-AVRIL 1996 - 51e ANNEE, NUMERO 2

96.46.5 - français - Alain BLUM, INED, 27 rue du Commandeur, 75675 Paris Cedex 14 (France), et Irina TROITSKAJA, Département de Démographie, Université de Moscou, Moscou (Russie)

La mortalité en Russie aux XVIIIe et XIXe siècles. Estimations locales à partir des Revizii (p. 303-328)

L'histoire démographique de l'Empire russe est encore mal connue, la démographie historique n'ayant jamais été très développée en Russie. Or, ce pays dispose de sources particulièrement précieuses, sans doute plus riches encore que celles dont disposent la plupart des États européens au XVIIIe siècle, qui permettent d'engager des recherches de démographie historique. Dans cet article, nous décrivons brièvement les revizii, sources nominatives de type dénombrement, qui existent, et dans l'ensemble ont été conservées, depuis le début du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle. Nous montrons la richesse d'une telle source pour aborder la démographie historique en Russie, et les utilisons pour étudier la mortalité dans la région de Moscou, à un siècle d'intervalle, en 1750 et 1850 environ. Nous avons à cet effet, et grâce à ces sources, estimé des tables de mortalité précises, que nous comparons avec les tables connues au XVIIIe siècle, ainsi qu'avec les ébauches de construction de tables élaborées dans le seconde moitié du XIXe siècle en Russie. Nous montrons que si la mortalité au milieu du XVIIIe siècle était très semblable (en structure et en intensité) à celle de la France à la même époque, un siècle plus tard la mortalité n'a pratiquement pas bougé en Russie, alors qu'elle a considérablement baissé en France. (RUSSIE, DEMOGRAPHIE HISTORIQUE, TENDANCE DE LA MORTALITE, TABLE DE MORTALITE, SOURCE HISTORIQUE)

96.46.6 - français - Richard LALOU, ORSTOM, Dakar (Sénégal), et, Thomas K. LEGRAND, Département de Démographie, Université de Montréal, Montréal (Canada)

La mortalité des enfants du Sahel en ville et au village (p. 329-352)

En l'espace d'un peu plus de quarante ans, la santé dans les villes du Tiers-Monde a tour à tour emprunté les visages du meilleur et du pire. Dans les années 1950-1960, la ville était le lieu privilégié de la santé. Depuis ce temps, la très rapide croissance démographique des villes du Tiers-Monde n'a pas été accompagnée, en général, d'une expansion suffisante des structures sanitaires et médicales et des équipements collectifs, et la ville est devenue, surtout dans les quartiers spontanés, synonyme d'insalubrité et de vie précaire. Cet article propose d'abord un cadre conceptuel pour l'analyse de la santé des enfants selon leur lieu de résidence. Ensuite, les données des Enquêtes sur la Mortalité Infantile au Sahel, menées dans les villes de Bamako et de Bobo-Dioulasso et dans une région rurale du Sénégal, sont utilisées pour vérifier si la ville reste, en Afrique sahélienne, un espace privilégié pour la santé. On observe une surmortalité marquée des petits ruraux, surtout au cours de la deuxième année. Ce handicap persiste même au regard des quartiers urbains défavorisés. Cependant, dans l'ensemble, les caractéristiques individuelles et de ménage montrent des effets semblables sur la mortalité des enfants en milieu urbain et rural. (AFRIQUE AU SUD DU SAHARA, MORTALITE INFANTILE, MORTALITE JUVENILE, DISPARITE VILLE-CAMPAGNE, SANTE DE LA MERE ET DE L'ENFANT)

96.46.7 - français - Rossella PALOMBA, Institut de recherche sur la population, IRP, Rome (Italie), Luciana QUATTROCIOCCHI, ISTAT, Rome (Italie)

Images de la famille italienne en mutation (p. 353-368)

L'évolution de la famille italienne au cours des années quatre-vingt est mesurée par la comparaison de données d'enquêtes de l'ISTAT en 1983 et 1990. Les résultats sont présentés du point de vue des individus, selon la participation de ceux-ci à diverses configurations familiales. Le mariage reste l'élément central de la vie familiale italienne. Pour les jeunes adultes, le choix est simple.: prolonger le séjour chez leurs parents ou former un mariage et, généralement, y avoir des enfants. Aux âges centraux de la vie, la part des familles monoparentales s'élargit, suite à la montée, modérée, des ruptures. La diversification des formes familiales n'apparaît guère qu'aux étapes ultimes de la vie, au moment du veuvage. Davantage que dans les pays occidentaux voisins, la structure des familles reste simple en Italie. Cette forte continuité n'exclut pas le changement mais le rend difficile à saisir statistiquement. (ITALIE, COMPOSITION DE LA FAMILLE)

96.46.8 - français - Michèle BIEGELMANN-MASSARI, Institut de Démographie, Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, Paris (France)

Les dispenses civiles au mariage de 1960 à 1992 II. Le mariage posthume : mariage de raison ou mariage d'amour ? (p. 369-396)

En décembre 1959, le Code civil introduisait la possibilité d'épouser un " fiancé " déjà décédé. Cette disposition, unique du droit français, est à l'origine d'un peu moins de cinquante requêtes présentées en moyenne chaque année au Président de la République. L'examen de cet ensemble et du profil socio-démographique de ceux - celles le plus souvent - qui les présentent prolonge l'étude des dispenses pour parenté et confirme le rôle déterminant de l'activité professionnelle féminine dans les motifs de la désaffection que rencontre aujourd'hui l'institution matrimoniale. Les enjeux économiques sous-jacents à toute union, quelle que soit sa forme, transparaissent, malgré un discours privilégiant la dimension affective de la démarche. (FRANCE, TYPE DE MARIAGE, DECEDE)


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