Etats-Unis (Wilmington, Delaware) 88
POPULATION RESEARCH AND POLICY REVIEW
1994 - VOLUME 13, NUMERO 4
96.88.1 - anglais - Susan L.D. ROVI, Department of Sociology, Rutgers University, New Brunswick, NJ (E.-U.)
Accepter " non " comme réponse : l'exploitation des réponses négatives aux questions sur les intentions de procréation pour étudier les situations d'infécondité (Taking "no" for an answer: Using negative reproductive intentions to study the childless/childfree) (p. 343-365)
L'auteur défend une approche de l'étude de l'infécondité basée sur les réponses négatives aux questions sur les intentions de procréation. A cet effet, elle expose la justification théorique du concept de prise en considération des réponses négatives, en démontrant qu'une telle approche fournit une mesure valide et fiable de l'infécondité volontaire. Partant des travaux existants sur l'infécondité, et constatant que les chercheurs se plaignent que la plupart des études n'aient utilisé ni échantillon représentatif ni méthodes multivariées, elle incorpore ces deux éléments dans les tests empiriques de sa nouvelle approche. En soumettant les données de 11 années de l'Enquéte sociale générale à une analyse logit trichotomique, elle obtient un modéle qui évalue simultanément les effets des variables indépendantes sur les probabilités que les femmes mariées de l'échantillon soient sans enfant. Cette analyse est globalement en accord avec les hypothéses engendrées par les études antérieures et avec leurs conclusions relatives aux variables corrélées avec l'infécondité, confirmant ainsi la littérature qui prétend que les personnes qui restent volontairement sans enfant constituent une population particulière. La viabilité du concept de base est donc établie, ce qui ouvre la voie à son utilisation dans des recherches futures. Du fait que cette conceptualisation reconnaît la dynamique des intentions de procréation, elle permet de mieux appréhender le milieu social actuel des personnes qui affirment ne pas vouloir d'enfants. (ETATS-UNIS, INFECONDITE VOLONTAIRE, ENQUETE, METHODOLOGIE)
96.88.2 - anglais - Stephan F. GOHMANN, Department of Economics, University of Louisville (E.-U.), et Robert L. OHSFELDT, School of Public Health, University of Alabama at Birmingham (E.-U.)
Abattements fiscaux pour personne à charge, accès à l'avortement et taux de fécondité aux Etats-Unis (The dependent tax exemption, abortion availability, and US fertility rates) (p. 367-381)
Cet article analyse l'impact des abattements fiscaux pour personne à charge, de l'accès à l'avortement et d'autres facteurs sur les taux de fécondité. Les statistiques américaines de la période 1915-1988 sont utilisées dans le modéle empirique. Les résultats montrent qu'aux Etats-Unis, un plus large accès à l'avortement est associé à des taux de fécondité plus bas. Un taux plus élevé d'abattement fiscal est généralement associé à une fécondité plus élevée, mais l'ampleur de cet effet dépend des caractéristiques du modéle. L'analyse indique qu'une restriction de l'accés à l'avortement aux Etats-Unis entraînera une hausse des taux de fécondité, mais les conséquences d'un changement du niveau d'abattement fiscal pour personne à charge sur la fécondité seront moins clairement prévisibles. (ETATS-UNIS, FACTEUR DE LA FECONDITE, IMPOTS, POLITIQUE DE L'AVORTEMENT)
96.88.3 - anglais - Allan F. ABRAHAMSE, Peter A. MORRISON, The RAND Corporation (E.-U.), et Nancy Minter BOLTON, Bolton Associates (E.-U.)
L'analyse des noms de famille pour estimer la concentration spatiale des Hispaniques et des Asiatiques (Surname analysis for estimating local concentration of Hispanics and Asians) (p. 383-398)
L'analyse des noms de famille est en principe une technique adéquate d'identification des membres de groupes raciaux, ethniques et linguistiques particuliers au sein d'une population. Les auteurs passent en revue les moyens actuellement disponibles pour l'identification des personnes d'origine hispanique ou asiatique à partir des noms de famille spécifiques à chaque groupe. Ils exposent la logique de l'analyse des noms de famille, décrivent quelques dictionnaires de noms de famille et présentent l'application de cette technique à un redécoupage administratif local. Les résultats des études de validation en cours font espérer un bel avenir pour l'amélioration qualitative de la méthode et pour l'extension de ses applications. (ETATS-UNIS, SOUS-POPULATION, REPARTITION DE LA POPULATION, REPARTITION GEOGRAPHIQUE, METHODOLOGIE, GROUPE ETHNIQUE, NOM DE FAMILLE)
96.88.4 - anglais - Edward G. STOCKWELL, Franklin W. GOZA, Yunan JIANG et Verl O. LUSE, Department of Sociology, Bowling Green State University, Bowling Green, Ohio (E.-U.)
Les tendances de la relation entre le statut socio-économique et la mortalité infantile dans les grandes villes de l'Ohio, 1960-1990 (Trends in the relationship between socioeconomic status and infant mortality in metropolitan Ohio, 1960-1990) (p. 399-410)
Les auteurs présentent ici les résultats d'une analyse écologique de la relation entre la mortalité infantile et le statut économique dans les grandes villes de l'Ohio, à quatre moments du temps centrés sur les recensements de 1960, 1970, 1980 et 1990. L'unité de base de l'analyse est le district de recensement où réside habituellement la mére, le statut économique étant quant à lui déterminé par le pourcentage de familles à faible niveau de revenu vivant dans chaque district. Pour chaque période, les districts de recensement ont été agrégés en zones homogénes en termes de revenu, et on a calculé les taux de mortalité infantile moyens sur trois ans consécutifs pour chacune de ces zones, par âge, sexe, race et cause de décès (exogène/endogène). La plus importante conclusion à tirer de ces données est que, malgré le déclin parfois trés spectaculaire de la mortalité infantile dans tous les groupes socio-économiques depuis 1960, il continue d'y avoir une association négative très prononcée entre le niveau de revenu et la mortalité infantile. Et il y a même certains éléments qui indiquent que cette association est plus forte en 1990 que trente ans auparavant. La relation négative est observée globalement pour les deux sexes, chez les blancs et les gens de couleur et pour toutes les causes principales de décés. Mais les données montrent aussi des modifications importantes de l'allure de cette relation au cours du temps, ainsi qu'un certain nombre de différences entre les blancs et les gens de couleur dans la nature et l'ampleur de la liaison. Quelques hypothéses macro-économiques sont avancées pour expliquer ces différences temporelles et raciales dans la relation entre le statut économique et la mortalité infantile. (ETATS-UNIS, METROPOLE, MORTALITE INFANTILE, STATUT SOCIO-ECONOMIQUE)
MARS 1995 - VOLUME 14, NUMERO 1
96.88.5 - anglais - Emily ROSENBAUM, Fordham University, Bronx, New York, (E.-U.)
Naissance d'un ghetto : la concentration spatiale de la pauvreté à New York dans les années 1980 (The making of a ghetto: Spatially concentrated poverty in New York City in the 1980s) (p. 1-27)
Depuis quelques années s'est développé un débat sur le fait de savoir si la concentration de la pauvreté dans certains quartiers des villes doit être imputée principalement à la mobilité différentielle des ménages selon leur classe socio-économique ou à la paupérisation des résidents de certains quartiers spécifiques. L'auteur de cet article recourt à une analyse multivariée pour identifier les processus qui sous-tendent les modifications de la distribution spatiale des classes de revenu à New York entre 1978 et 1987, et les caractéristiques géographiques qui permettent de prévoir un tel courant d'évolution. En plaçant l'analyse au niveau des ménages, l'étude démêle les mécanismes concurrents de concentration de la pauvreté et montre qu'aussi bien la mobilité différentielle que le passage d'une classe de revenu à l'autre contribuent aux modifications de la distribution spatiale des classes de revenu, mais que c'est le deuxième facteur qui a la plus grande part de responsabilité. Ensuite, en contrôlant les proportions de populations minoritaires et de logements sociaux subventionnés dans les divers quartiers, l'auteur montre que les quartiers pauvres sont caractérisés par une immigration de ménages pauvres et une émigration de ménages des autres classes, ainsi que par une paupérisation des résidents de longue durée. Ces phénomènes, qui se renforcent mutuellement, perpétuent le mouvement de déclin dans les quartiers de grande pauvreté, tandis que les processus inverses entretiennent la vitalité économique des quartiers peu touchés par la pauvreté. (ETATS-UNIS, PAUVRETE, ZONE URBAINE, MOBILITE RESIDENTIELLE, PAUPERISATION)
96.88.6 - anglais - Peter L. DOAN, Florida State University, Urban and Regional Planning, Tallahassee, Florida (E.-U.)
Densité de la population, situation centrale des villes et intensification de l'agriculture en Jordanie (Population density, urban centrality, and agricultural intensification in Jordan) (p. 29-44)
Cet article explore les relations entre la croissance de la population, la production agricole et le développement urbain. Le débat en cours sur la relation entre la population et le développement économique est limité par la rareté des séries de données chronologiques et par la difficulté de déterminer des causalités sur la base de données transversales. L'auteur se penche sur le cas particulier de la Jordanie, caractérisée par des flux massifs de réfugiés, afin d'évaluer l'influence d'une modification subite et exogène de la population urbaine sur l'intensification de la production agricole. Il calcule des corrélations de rang de Spearman à partir de données chronologiques pour montrer que les districts qui ont connu la croissance démographique la plus rapide et une hausse de leur densité ont aussi connu l'intensification la plus importante de leur agriculture. Une analyse transversale, dans laquelle les mesures de l'intensification agricole sont déduites de la densité de population et des paramètres d'urbanisation, révèle une forte interaction entre la densité et la situation centrale des villes, cette dernière étant un indicateur de l'accessibilité des populations rurales aux biens et services urbains. Les résultats indiquent que la densité démographique a un effet fortement positif sur l'intensité de la production agricole dans les zones où peu de biens et services urbains sont disponibles, et que cet effet est nettement plus faible dans les zones qui disposent d'une plus grande variété de biens et services urbains. (JORDANIE, DENSITE DE POPULATION, URBANISATION, AGRICULTURE)
96.88.7 - anglais - Moshe HARTMAN et Harriet HARTMAN, Ben Gurion University of the Negev, Beer-Sheva (Israël)
Les effets à long terme des migrations internationales : l'exemple d'Israël (Long-term effects of international migration: Lessons from Israel) (p. 45-69)
Les auteurs montrent que les caractéristiques des immigrants au moment de leur arrivée affectent la réussite professionnelle à long terme et le revenu de fin de carrière, après l'âge de 59 ans. Ils analysent des données portant sur 174 000 hommes juifs de 60 ans et plus, provenant d'une enquête réalisée en 1985 par le Bureau Central Israélien de Statistiques, afin de montrer comment l'époque d'immigration, le nombre d'années passées en Israël, l'âge et le niveau d'instruction au moment de l'immigration, et le pays d'origine sont en relation avec le nombre d'années d'activité professionnelle en Israël la réussite professionnelle, le droit à la pension et le revenu après l'âge de 59 ans. Les effets directs et indirects sont analysés. Les résultats montrent l'importance des caractéristiques au moment de l'immigration pour l'adaptation socio-économique à long terme, et la nécessité de considérer le statut social au cours de la vie comme un indicateur d'adaptation à long terme. La décomposition par pays d'origine précise quelles sont les caractéristiques au moment de l'immigration qui influencent les différences de statut social aux âges élevés dans les divers groupes ethniques. La discussion porte aussi sur un certain nombre d'implications méthodologiques pour les travaux futurs sur l'immigration. (ISRAEL, TRAVAILLEUR IMMIGRE, TRAVAILLEUR AGE, STATUT SOCIO-ECONOMIQUE)
96.88.8 - anglais - Ali A. PAYDARFAR, School of Public Health, University of North Carolina, Chapel Hill, NC (E.-U.), et Reza MOINI, Statistical Center of Iran, Téhéran (Iran)
Processus de modernisation et évolution de la fécondité en Iran avant et après la révolution islamique (1966-1986), au niveau des provinces (Modernization process and fertility change in pre- and post-Islamic Revolution of Iran. A cross-provincial analysis, 1966-1986) (p. 71-90)
L'objectif de cet article est d'examiner quelques-unes des relations causales possibles entre les processus de modernisation et les schémas de fécondité des provinces iraniennes à trois époques : 1966, 1976 et 1986. Une échelle de modernisation a été construite, sur la base des données du recensement iranien, au moyen de six indicateurs d'industrialisation, d'urbanisation et d'instruction. Le rapport des enfants de moins de 5 ans aux femmes de 15 à 44 ans a été utilisé comme mesure de la fécondité. Les résultats montrent que la modernisation s'est accrue quasi uniformément dans toutes les provinces entre 1966 et 1986. Non seulement la révolution islamique et la guerre entre l'Iran et l'Irak n'ont pas interrompu la tendance à la modernisation, mais il semble même qu'elles en aient accéléré le rythme. Les indicateurs de modernisation, aux niveaux individuel et agrégé, sont nettement et négativement corrélés avec les indicateurs de fécondité. Cependant, les indicateurs de fécondité des provinces ont augmenté sensiblement entre 1976 et 1986. Les auteurs supposent que la suppression du programme national de planning familial, peu après la révolution islamique, a eu un effet important sur la hausse de la fécondité durant la période 1976-1986. Actuellement, le programme énergique de planning familial de la République Islamique d'Iran permet de penser que le taux de fécondité iranien va très certainement baisser dans un futur proche, si la tendance actuelle de la modernisation et la politique de fécondité sont maintenues. (IRAN, PROVINCE, MODERNISATION, FECONDITE, PROGRAMME DE PLANNING FAMILIAL)
96.88.9 - anglais - Dominique MEEKERS, Population Research Institute et Department of Sociology, The Pennsylvania State University, University Park, PA (E.-U.), Anastasia GAGE, Demographic and Health Surveys, Macro International, Inc., Calverton, MD (E.-U.), et Li ZHAN, Population Research Institute et Department of Sociology, The Pennsylvania State University
Préparer les adolescents à la vie adulte. Education à la vie familiale et expulsion du système scolaire pour cause de grossesse au Kenya (Preparing adolescents for adulthood. Family life education and pregnancy-related school expulsion in Kenya) (p. 91-110)
Les abandons scolaires pour cause de grossesse sont devenus un sujet de préoccupation pour les autorités publiques dans toute l'Afrique sub-saharienne. Dans la plupart des cas, les élèves qui deviennent enceintes doivent soit avoir recours à un avortement clandestin dangereux, soit être officiellement renvoyées de l'école. Comme les jeunes filles qui quittent l'école pour cause de grossesse n'y retournent généralement pas pour achever leurs études après la naissance de l'enfant, leurs chances de promotion socio-économique sont réduites. Beaucoup de gouvernements africains ont inclus des programmes d'éducation à la vie familiale dans les cursus scolaires, afin de former les adolescents aux conséquences et responsabilités liées à l'activité sexuelle. Les fortes proportions d'élèves enceintes montrent que ces programmes ont leurs limites et indiquent que les politiques d'éducation ne devraient pas seulement essayer de réduire l'incidence des grossesses d'élèves, mais aussi aider ces jeunes filles enceintes à achever leur scolarité. Dans cet article, les auteurs utilisent les données d'un échantillon de 154 écoles primaires et secondaires kenyanes pour étudier comment les différents types d'écoles sont diversement touchés par l'abandon des études pour cause de grossesse, et pour examiner les opinions des directeurs d'école sur la formation aux méthodes contraceptives et la réadmission des élèves parties à cause d'une grossesse. (KENYA, GROSSESSE D'ADOLESCENTE, ABANDON D'ETUDES, EDUCATION A LA VIE FAMILIALE)
96.88.10 - anglais - Robert WORTHAM, North Carolina Central University, Durham, NC (E.-U.)
Perspectives de réduction de la fécondité et projections de croissance démographique au Kenya (Prospects for fertility reduction and projections for future population growth in Kenya) (p. 111-135)
En 1979, le taux annuel d'accroissement naturel de la population kenyane était de 3,8 %. Les données de l'Enquête Démographique et de Santé de 1989 indiquent que des baisses substantielles de fécondité ont été observées dans les années 1980. L'auteur examine les facteurs associés au maintien d'une forte fécondité au Kenya et évalue les avancées vers des seuils significatifs de réduction de la fécondité dans les années 1980. Il présente les résultats des enquêtes récentes sur la fécondité et examine la qualité des données sur le planning familial au niveau national pour la période 1969-1989. Quatre projections de population de 1985 à 2025 sont présentées et analysées. Une des projections reflète les objectifs officiels de croissance du gouvernement ; deux sont basées sur des estimations faites par les Nations Unies et le Population Reference Bureau ; la quatrième projection est basée sur l'hypothèse que le Kenya atteindra un taux annuel d'accroissement naturel inférieur à 1 % en 2025. Les quatre projections supposent la baisse de la fécondité. La conclusion évoque brièvement les perspectives kenyanes de réduction du taux annuel d'accroissement de la population à 1 % d'ici soixante ans et le projet de politique de développement à coûts partagés. D'après les données les plus récentes, le Kenya ne devrait pas achever sa transition démographique avant 2050, mais il devrait continuer à franchir les étapes de la transition. (KENYA, TRANSITION DEMOGRAPHIQUE, BAISSE DE LA FECONDITE, ACCROISSEMENT NATUREL, PROJECTION DE POPULATION)
JUIN 1995 - VOLUME 14, NUMERO 2
96.88.11 - anglais - Thomas J. ESPENSHADE et Dolores ACEVEDO, Office of Population Research, Princeton University, Princeton, NJ (E.-U.)
Effectifs des flux de migrants, mesures d'application des lois et arrestation des étrangers en situation illégale (Migrant cohort size, enforcement effort, and the apprehension of undocumented aliens) (p. 145-172)
Cet article examine les conditions macro-structurelles qui affectent l'évolution temporelle des probabilités globales d'arrestation des étrangers en situation illégale à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Il s'avère que le nombre de migrants qui essayent de passer illégalement la frontière au cours d'une période donnée et l'ampleur des mesures déployées par le Service d'immigration et de naturalisation (INS) pour arrêter ces migrants illégaux sont les déterminants principaux des probabilités d'arrestation. Les résultats présentés ici diffèrent de ceux de Donato, Durand et Massey, qui estiment que les facteurs propres aux individus, aux ménages et aux communes ne sont pas des prédicteurs valables des probabilités d'arrestation, et concluent que, si on échappe à la détection de l'INS à la frontière, c'est essentiellement par un hasard indépendant des caractéristiques individuelles ou des mesures d'application de la Loi de contrôle et de réforme de l'immigration de 1986. Bien que Donato et al. reconnaissent que les probabilités d'arrestation sont influencées par le volume du budget et du personnel alloués aux patrouilles frontalières américaines, ils écartent de leurs considérations les facteurs structurels plus larges. Ils se contentent d'introduire des variables indicatrices annuelles pour contrôler les contraintes macro-structurelles. Cette approche n'est pas satisfaisante parce qu'elle mélange les effets de nombreux facteurs explicatifs. Les auteurs concluent ici qu'une des implications de leur étude pour la recherche future est qu'il vaut la peine de modéliser les effets des caractéristiques individuelles sur les probabilités d'arrestation en y incluant comme prédicteur une estimation du flux de migrants illégaux et des indicateurs des mesures d'application de la loi à la frontière par l'INS. Contrôler explicitement trois conditions macro-structurelles peut révéler l'importance de certains facteurs individuels qui, autrement, resteraient ignorés. (ETATS-UNIS, MEXIQUE, IMMIGRATION ILLEGALE, LEGISLATION MIGRATOIRE, POLICE)
96.88.12 - anglais - Karen A. WOODROW-LAFIELD, Center for Social and Demographic Analysis, State University of New York at Albany, Albany, NY (E.-U.)
Une analyse de l'immigration nette dans le cadre de l'évaluation de la couverture censitaire (An analysis of net immigration in census coverage evalution) (p. 173-204)
Des enquêtes nationales ont surveillé la croissance de la population née à l'étranger, pendant les années 1980, spécialement quant au rôle que continuent à jouer les migrations illégales nettes, mais le recensement de 1990 a dénombré une population née à l'étranger encore plus nombreuse que celle estimée par les enquêtes. Le sous-dénombrement de 1990 pourrait avoir été plus important qu'on ne l'a cru initialement, parce que les travaux préliminaires peuvent avoir sous-estimé l'immigration nette intercensitaire. Les hypothèses avancées pour expliquer le maintien d'une sous-estimation importante de l'immigration illégale se sont avérées faibles lorsque le recensement a fait connaître le nombre des résidents nés à l'étranger. Toute évaluation de la migration illégale nette, calculée comme un résidu, est susceptible d'être biaisée, surtout dans le sens de la sous-estimation, par les faiblesses des hypothèses et des données relatives au calcul de l'immigration légale nette. On peut raisonnablement se baser sur au moins 2,1 à 2,4 millions de résidents illégaux dénombrés par le recensement de 1990. Le nombre de résidents illégaux non recensés peut facilement se situer entre 0,5 et 3 millions, et une fourchette plus étroite, de 1 à 2 millions, est plausible. Malgré l'importance de la mesure de la migration illégale tant pour l'évaluation de la qualité du recensement qu'à des fins politiques, les différences entre les diverses estimations de l'immigration illégale sont plus susceptibles de résulter d'erreurs dans l'univers recensé, les dates de référence ou les opinions individuelles que de raffinements analytiques. Une meilleure mesure de la population née à l'étranger ou de sa couverture par le recensement aiderait à fixer les limites supérieures des estimations de la migration illégale nette. (ETATS-UNIS, IMMIGRATION ILLEGALE, SOLDE MIGRATOIRE, SOUS-ESTIMATION, RECENSEMENT DE POPULATION)
96.88.13 - anglais - C. Jack TUCKER, Department of Sociology, Winthrop University, Rock Hill, SC (E.-U.), Larry LONG, Housing and Household Economic Statistics Division, US Bureau of the Census, Washington, DC (E.-U.), et Jonathan MARX, Department of Sociology, Winthrop University
Note sur les variations saisonnières de la mobilité résidentielle des enfants (Seasonality of children's residential mobility: A research note) (p. 205-213)
On conseille souvent aux parents de programmer leurs déménagements en été afin que les enfants ne changent pas d'établissement en cours d'année scolaire. Mais très peu de recherches ont été faites sur les variations saisonnières de la mobilité des enfants et sur les différences éventuelles entre les familles qui déménagent " hors saison " et celles qui le font en été. Le volet de l'Enquête nationale sur la santé de 1988 consacré aux enfants permet d'examiner le degré de concentration saisonnière de la mobilité des enfants et d'analyser les caractéristiques qui augmentent ou réduisent la probabilité de migrer pendant les mois d'été. Les auteurs constatent que beaucoup de variables incluses dans les études sur la mobilité différentielle mettent en lumière des effets saisonniers, mais, selon une analyse multivariée, c'est quand l'enfant a plus de 7 ou 8 ans, qu'il migre au loin, que sa mère a un niveau d'instruction élevé et qu'il n'est pas noir que sa probabilité de déménager en été augmente le plus fortement. (ETATS-UNIS, MOBILITE RESIDENTIELLE, ENFANT, VARIATION SAISONNIERE, FACTEUR DE MIGRATION)
96.88.14 - anglais - Glenn V. FUGUITT, Department of Rural Sociology, University of Wisconsin-Madison, Madison (E.-U.), et Timothy B. HEATON, Department of Sociology, Brigham Young University, Provo, Utah (E.-U.)
Impact de la migration sur la structure par âge de la population entre 1960 et 1990, en dehors des grandes métropoles (The impact of migration on the nonmetropolitan population age structure, 1960-1990) (p. 215-232)
Dans cet article, les auteurs examinent l'impact à court terme de la migration sur la structure par âge des zones non métropolitaines. L'évolution de la structure par âge peut avoir d'importantes conséquences au niveau local, et l'influence de la migration est particulièrement notable parce qu'elle est fortement liée à l'âge, et que des schémas de migration différents sont observés dans les divers types de localités. Ici, les auteurs comparent l'impact de la migration sur les structures par âge dans les zones métropolitaines et non métropolitaines au cours des trente dernières années. Dans les zones non métropolitaines, ils comparent également les comtés à population étudiante, les comtés-dortoirs, les comtés agricoles et les comtés à population retraitée. Ils concluent que plusieurs facteurs influencent l'impact de la migration sur la structure par âge. L'impact sera plus important dans un petit groupe que dans une grande population, et dans les zones spécialisées dans certaines fonctions économiques axées sur un groupe d'âge particulier. Mais en général, la migration ajoute des jeunes aux zones métropolitaines et des personnes âgées aux zones non métropolitaines. Ces différences peuvent s'atténuer pendant certaines périodes, comme entre 1970 et 1980, époque où un fort processus de redistribution de la population était en cours. Néanmoins, les tendances passées et actuelles de la mortalité et de la fécondité et le cumul des migrations passées ont bien plus d'effet sur l'âge que la migration dans l'espace d'une décennie. (ETATS-UNIS, STRUCTURE PAR AGE, MIGRATION)
96.88.15 - anglais - David A. SWANSON, Arkansas Institute for Economic Advancement, University of Arkansas at Littlle Rock, et NIMH Center for Rural Mental Healthcare Research, University of Arkansas for Medical Sciences, Little Rock, Arkansas (E.-U.), et Jeff TAYMAN, San Diego Association of Governments, San Diego, CA (E.-U.)
L'évaluation des projections démographiques : nécessaires et impossibles (Between a rock and a hard place: The evaluation of demographic forecasts) (p. 233-249)
Prévoir, en général, a souvent été considéré comme aussi impossible que nécessaire. Cette bizarrerie est source de malaise pour les auteurs et les utilisateurs de prévisions qui ne se limitent pas aux pures évidences. Pourquoi ? Parce que les chiffres projetés, auxquels on fait invariablement confiance, voient inexorablement révélée leur fatale imprécision lorsque les données réelles émergent finalement et permettent l'exacte mesure des erreurs de projection. La situation actuelle en démographie consistant en l'art de ménager le nécessaire et l'impossible est une stratégie moins qu'heureuse parce qu'elle prend l'exactitude comme principal critère d'évaluation, ce qui engendre le malaise. Une façon de réduire ce malaise est de modifier la relation entre les éléments cognitifs qui en sont responsables. Les auteurs proposent que les évaluations des projections, actuellement axées sur l'exactitude et basées sur des mesures telles que les RMSE et MAPE, soient recentrées pour prendre en compte l'utilité, et ils suggèrent d'employer à cet effet un paramètre de " réduction proportionnelle de l'erreur ". Ils illustrent leur proposition avec des exemples et en soulignent les avantages. Ils concluent que le fait d'adopter la réduction proportionnelle de l'erreur comme critère d'évaluation peut réduire le malaise, sans pour autant banaliser le processus d'évaluation, ni modifier exagérément la façon dont sont élaborées et présentées les prévisions. (METHODOLOGIE, PROJECTION, EVALUATION)
96.88.16 - anglais - Steve H. MURDOCK et Md Nazrul HOQUE, Department of Rural Sociology, Texas A & M University, College Station, TX (E.-U.)
L'effet du sous-dénombrement sur la précision des estimations de la population dans des zones de petite taille \: implications en termes d'utilisation de données administratives pour améliorer le dénombrement (The effect of undercount on accuracy of small-area population estimates: Implications for the use of administrative data for improving population enumeration) (p. 251-271)
Les effets du sous-dénombrement sur la précision des estimations de la population par diverses méthodes n'ont pas été suffisamment analysés. Bien que le Bureau du recensement des Etats-Unis ait décidé de ne redresser la sous-évaluation ni dans les dénombrements ni dans les estimations en 1990, la responsabilité que peuvent avoir les estimations de populations locales dans le sous-dénombrement est importante aussi bien pour l'ajustement des estimations existantes que pour anticiper l'ajustement des futurs recensements. Les auteurs examinent la précision des méthodes d'estimation de la population dans des zones de petite taille, avec et sans ajustement. Divers types d'écarts moyens entre estimations locales, dénombrements ajustés et dénombrements non ajustés en 1990 sont calculés. Les auteurs comparent des estimations de population faites par trois méthodes pour 451 comtés et 2 633 sites des États de Californie, Floride, Texas et Wisconsin. L'analyse des données par comté ne permet guère de conclure que les estimations locales approchent de plus près les dénombrements ajustés que non ajustés. Les résultats par sites montrent une nette amélioration de la précision en Floride et au Texas. Les auteurs examinent les implications de ces résultats en termes d'ajustement du sous-dénombrement et d'estimation des populations locales. (ETATS-UNIS, ESTIMATION DE LA POPULATION, SOUS-DENOMBREMENT, COLLECTIVITE LOCALE) 13
SEPTEMBRE 1995 - VOLUME 14, NUMERO 3
Modèles bio-sociaux de comportement démographique
96.88.17 - anglais - Bob WELLER, National Institutes of Health, Bethesda, MD (E.-U.)
Introduction aux modèles biosociaux de comportement démographique (Biosocial models of demographic behavior: An introduction) (p. 277-282)
Un séminaire sur les modèles biosociaux de comportement démographique a été organisé pour fournir des matériaux de base aux membres de la Social Science and Population Study Section (SSP), le groupe chargé par le National Institute of Health (NIH) du premier volet d'examen des demandes de financement soumises au NIH pour des recherches démographiques. Certaines variables étudiées par les démographes sont biologiques, par exemple la fécondité, la fertilité, la morbidité et la mortalité ; ainsi, les démographes n'ignorent pas les variables biologiques. Cependant, ils ont tendance à traiter ces variables comme des éléments à expliquer par des facteurs sociaux, économiques et psychologiques, plutôt que comme des éléments à intégrer au sein d'un modèle explicatif. Cet atelier regroupe des communications centrées sur diverses étapes du cycle de vie et explore la place des variables biosociales dans l'explication de certains aspects du comportement humain. (METHODOLOGIE, MODELE, BIOLOGIE, SOCIOLOGIE, COMPORTEMENT, RECHERCHE DEMOGRAPHIQUE)
96.88.18 - anglais - David W. FULKER et Stacey S. CHERNY, Institute for Behavioral Genetics, University of Colorado, Boulder, Colorado (E.-U.)
Influences génétiques et environnementales sur le développement cognitif de l'enfant (Genetic and environmental influences on cognition during childhood) (p. 283-300)
Les auteurs décrivent la méthodologie de base de la génétique du comportement dans le contexte de l'adoption de jumeaux ou de frères et soeurs de mêmes parents. Ils présentent les résultats d'une application de ce modèle à des données transversales sur le développement cognitif au cours de la vie. Les résultats d'une vaste étude longitudinale sur les jumeaux et l'adoption, centrée sur l'intelligence générale, sont présentés pour illustrer l'application du modèle génétique du comportement à l'étude explicative des phases de stabilité et de changement dans le développement. Un modèle particulier est proposé pour l'étude des comportements anormaux occupant les extrémités de l'échelle, et les auteurs suggèrent une adaptation du modèle pour l'étude des liaisons génétiques ou celle de la localisation des quantitative trait loci (QTL). Les résultats de l'application de ce modèle à un échantillon de jumeaux et de frères et soeurs utérins indiquent la présence d'un important QTL de la dyslexie sur le chromosome 6. Le propos des auteurs est d'illustrer l'ampleur du domaine d'application de la méthodologie génétique d'étude du comportement pour l'analyse des différences individuelles de comportement dans un contexte biosocial donné. (METHODOLOGIE, MODELE GENETIQUE, COMPORTEMENT, JUMEAU, ADOPTION)
96.88.19 - anglais - David C. ROWE, University of Arizona, Tucson, Arizona (E.-U.)
Modèles biosociaux de comportement déviant (Biosocial models of deviant behavior) (p. 301-313)
Cet article décrit les facteurs biologiques de la criminalité. L'auteur présente des données qui indiquent une différenciation sexuelle de type biologique dans l'explication de la criminalité et l'existence de différences individuelles héréditaires dans ce domaine. Ensuite, il décrit des méthodes permettant d'isoler les influences environnementales, y compris les effets d'interaction de facteurs environnementaux, les interactions entre gènes et environnement, et les effets environnementaux isolés. Utiliser un cadre analytique à un seul niveau de liaison génétique (par exemple des frères et soeurs de mêmes parents) est, scientifiquement, un choix discutable. Le recours à des cadres d'analyse génétique du comportement ouverts aux variables d'environnement est plus approprié, et trace en outre de nombreuses pistes pour l'analyse environnementale. (METHODOLOGIE, MODELE, BIOLOGIE, SOCIOLOGIE, GENETIQUE, DELINQUANCE, ENVIRONNEMENT)
96.88.20 - anglais - Kenneth M. WEISS, Penn State University, University Park, Pennsylvania (E.-U.)
Implications de la diversité génétique au sein des populations et entre les populations (Implications of genetic variation within and between human populations) (p. 315-325)
La diversité humaine est immense, aussi bien au sein des populations qu'entre elles. Elle affecte tous les aspects de la nature humaine, y compris la prédisposition à la maladie et les réactions à l'environnement. Pour des raisons sociales et politiques, nous avons tendance à considérer notre espèce ou notre propre population nationale comme divisée en groupes cohérents désignés par divers termes tels que " races " ou " groupes ethniques ", en supposant implicitement que ces groupes sont relativement homogènes et très différents les uns des autres. L'auteur prend des exemples pour montrer qu'il existe des différences importantes de prédisposition génétique à diverses maladies entre certains de ces groupes, mais que l'intensité de la variabilité individuelle est importante, même à l'intérieur de chaque groupe. La subdivision de la population peut être utile pour étudier la maladie, mais la diversité humaine reste un phénomène général qui caractérise les groupes à travers leur histoire démographique et géographique. Ces différences ne sont pas fondées sur des classements idéologiques. (GENETIQUE DEMOGRAPHIQUE, RACE, MORBIDITE)
96.88.21 - anglais - Toni P. MILES, Biobehavioral Health Program, et Center for Special Populations and Health, et Christine HIMES, Population Research Institute, The Pennsylvania State University, University Park, Pennsylvania (E.-U.)
Les déterminants biologiques et sociaux de la taille du corps au cours de la vie. Un modèle d'intégration de la génétique de population et de la démographie (Biological and social determinants of body size across the life span. A model for the integration of population genetics and demography) (p. 327-346)
La précision des modèles démographiques conçus pour projeter les tendances futures de la santé et de la morbidité au niveau des populations peut être améliorée par l'intégration de données biologiques. Un obstacle à ce processus réside dans les caractéristiques quantitatives des données elles-mêmes. Les données biologiques sont essentiellement des phénomènes dépendant du temps, qui varient de façon non linéaire. Afin de développer des projections précises de morbidité, d'invalidité et de mortalité pour la fin de vie des générations futures, la recherche doit se concentrer sur : (i) le développement de modèles permettant de distinguer le caractère de tout-ou-rien, les limites et les aspects latents des facteurs biologiques responsables des phénomènes démographiques ; (ii) le développement de méthodes permettant d'identifier les effets qui dépendent du temps ; (iii) le développement d'échantillons adaptés à l'analyse génétique. Cette communication est centrée sur la biologie de la taille du corps adulte, sur le comportement de cette variable dans les analyses statistiques, et sur les stratégies d'intégration de cette variable au sein de modèles démographiques du vieillissement aux États-Unis. Dans un premier temps, les auteurs passent en revue de nombreux exemples de caractéristiques quantitatives des variables biologiques généralement observées. Pour illustrer le caractère non linéaire des données biologiques, trois modèles généraux d'évolution en fonction du vieillissement sont présentés. Ensuite, les problèmes de mesure de la taille du corps sont discutés, ainsi que des scénarios d'évolution de la taille au cours de la vie. A la fin de cet article, les auteurs présentent des recommandations en faveur d'un dialogue entre les chercheurs intéressés par la taille du corps, axés les uns sur les enjeux biologiques (changement de poids, risque de maladie) et les autres sur les résultats démographiques (morbidité et invalidité au niveau de la population). (BIOLOGIE, DEMOGRAPHIE, VIEILLISSEMENT, OBESITE)
96.88.22 - anglais - J. Richard UDRY, Carolina Population Center, University of North Carolina at Chapel Hill, NC (E.-U.)
Implications éthiques et politiques de la recherche biosociale (Policy and ethical implications of biosocial research) (p. 347-357)
Les chercheurs en sciences sociales sont souvent préoccupés de ce que la recherche sur les causes biologiques du comportement peut encourager des politiques basées sur le biologique. Les modèles de recherche biosociale, qui traitent conjointement les causes sociales et biologiques du comportement, empêchent le développement de thèses biologiques simplistes. L'objet de la politique gouvernementale est de promouvoir le changement social. Les modèles biologiques de comportement expliquent essentiellement les différences individuelles et ne peuvent pas être utilisés pour inspirer des politiques visant le changement social. Si nous invoquons notre éthique sociale pour ne pas nous poser certaines questions scientifiques, nous produirons des résultats " politiquement corrects ". Nous nous égarons dans des stratégies de ce genre parce que nous nous imaginons que l'éthique peut être déduite de la nature des choses. (BIOLOGIE, SOCIOLOGIE, POLITIQUE, ETHIQUE, RECHERCHE)
96.88.23 - anglais - John B. CASTERLINE, Research Division, The Population Council, New York (E.-U.)
Les démographes peuvent-ils se passer des modèles biosociaux ? (Biosocial models: Can demographers ignore them?) (p. 359-371)
Les socio-démographes doivent sérieusement relever le défi que posent aux paradigmes théoriques dominants les modèles biosociaux. En accumulant des résultats empiriques, on connaît de mieux en mieux la contribution des facteurs biologiques à la détermination des comportements sociaux, y compris les comportements démographiques. Les modèles biosociaux les plus simples peuvent se révéler inadaptés à la recherche en démographie sociale. Les modèles seront plus appropriés s'ils tiennent compte des relations causales entre les déterminants biologiques et sociaux, et de leurs effets interactifs, non linéaires et discontinus. Si l'articulation et le test de tels modèles sont encore impraticables pour l'instant, on peut progresser considérablement en ajoutant certaines variables biologiques à la recherche démographique. Les enquêtes démographiques devraient intégrer certains aspects des modèles génétiques de comportement. Les principaux obstacles immédiats à l'utilisation des modèles biosociaux en démographie sont les frontières disciplinaires, c'est-à-dire que les obstacles sont institutionnels et non scientifiques. (BIOLOGIE, SOCIOLOGIE, MODELE, RECHERCHE DEMOGRAPHIQUE)